L’arrivée de la téléphonie mobile à très haut débit, la 4G, va connaître aujourd’hui une étape importante.

Oui, parce que ce 1er octobre, un des trois opérateurs nationaux « historiques », Bouygues Télécom, lance sa couverture 4G, en affirmant qu’elle couvre plus de 60% de la population – attention aux mots, de la population, pas du territoire, ce sont surtout les villes. Orange et SFR sont en dessous de ces chiffres, mais oui le très haut débit sur mobile démarre cet automne en France – et il est accessible à ceux qui veulent et bien sûr ceux qui peuvent s’équiper. De quoi parle-t-on ? On sait que la 4G permet un débit 4 à 5 fois plus rapide que la 3G et que par exemple un film se charge en quatre minutes seulement. Quant à la musique : André Manoukian peut lancer des Ukulélé : il suffit une minute pour charger un album de musique et donc de même pas une seconde pour podcaster sa chronique quotidienne ! Au passage, la com’ marketing des opérateurs est assez cocasse puisqu’ils doivent, pour vanter la 4G, dénigrer les performances de leurs offres antérieures !

Avec la 4G, tout est rapide…

Oui, tout est rapide, et d’abord l’innovation. Le patron de l’Autorité des télécoms disait il y a quelques jours sur France Culture que ce qui tenait il y a vingt ans dans la Maison de la Radio tient aujourd’hui dans une boîte d’allumette. Au-delà, la 4G sera peut-être la technologie qui se diffusera le plus rapidement dans l’histoire. Il avait fallu dix ans pour que la moitié des Français ait un portable, cinq ans pour qu’elle ait soit équipée en smart-phone. Combien de temps pour la 4G ? Aux Etats-Unis, qui ont trois ans d’avance, il y aura près de soixante millions d’utilisateurs à la fin de l’année.

Mais voilà, il y a un vrai pari économique pour les opérateurs téléphoniques.

Exactement, un pari à plusieurs milliards d’euros. C’est en réalité le match retour contre Free. SFR, Orange et Bouygues ont perdu gros face à Free depuis un an. Mais sur ce coup-là, ils espèrent se « refaire ». Ils ont investi trois milliards et demi d’euros dans la 4G. La question est de savoir quels prix vont s’imposer. Aux Etats-Unis, comme il n’y a que six opérateurs pour un continent entier, les prix sont restés élevés, tandis qu’en Europe, il y a trente-huit opérateurs, donc la concurrence est plus forte. Mais ceux que la 4G fait le plus saliver, ce sont les fournisseurs de contenus, les groupes audiovisuels par exemple. Maintenant que les tuyaux sont plus gros, ils vont y lancer des vidéos longues disponibles, donc, sur mobile. Une vraie révolution.

Une question un peu provocatrice pour finir : a-t-on vraiment besoin de la 4G ?

C’est la grande question, presque philosophique, sur les biens de consommation. L’offre crée-t-elle le besoin ou le besoin créé-t-il l’offre ? Les adeptes (ou apôtres) de la décroissance diront que c’est inutile, que la « vitesse » est contre-nature (au sens propre) puisqu’elle gaspille beaucoup d’énergie et de matières premières (les terres rares). Au même titre que le TGV, moins « durable » que les trains du quotidien. Peut-être. On ne peut qu’inviter ces objecteurs de croissance à ne jamais acheter de téléphone 4G. On prend le pari ?

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