Les professions libérales ont réussi hier leur mobilisation contre la réforme qu’ils suspectent le gouvernement de vouloir mener.

Oui. Et Emmanuel Macron, ministre de l’Economie, a cherché à les rassurer, il leur a promis une concertation et répété qu’il n’est pas question de libéraliser à tous crins. Mais il ne renonce pas pour autant à agir. S’il se serait bien passé de cette patate chaude refilée par Arnaud Montebourg, il a en effet entre les mains un dossier dont l’instruction est ancienne. En 1958, le rapport Rueff-Armand avait déjà pointé les blocages liées à certaines règlementations professionnelles ; en 2008, le rapport Attali l’a redit ; cette année, un rapport de plus de mille pages de l’Inspection générale des Finances le re-redit.

Quel est le problème ?

Mettre toutes les professions dans le même sac est idiot. Les chirurgiens-dentistes, les commissaires-priseurs, les notaires etc. n’ont pas grand-chose à voir. Le gouvernement, sur les trente-sept professions au départ visées, en a d’ailleurs déjà écarté dix, comme les plombiers. Les pharmaciens n’ont rien à craindre. Mais le point commun, c’est que ces professions bénéficient souvent de protections à l’entrée qui pénalisent les jeunes. Dans certains cas, il faut acheter une charge ou la recevoir par héritage. C’est l’Ancien Régime ou Balzac au XXIème siècle numérique !

Une des professions très connues des Français, ce sont les notaires.

Ils sont 10.000, ont le monopole des actes authentiques, ils sont des officiers ministériels, dont les tarifs, expliquent-ils, sont constitués pour l’essentiel de taxes. C’est vrai. Mais il faut reconnaître que leurs honoraires calculés en pourcentage du prix d’un bien immobilier, c’est un système qui mérite d’être discuté. Avec la flambée des prix, leurs revenus ont parfois grimpé en flèche. Les gains de productivité liés à l’informatisation n’ont pas été répercutés aux clients et l’absence de concurrence rend le service plus ou moins efficient.

Quelle serait la bonne méthode ?

D’abord que le mot libéral ne fasse pas sauter au plafond ces professionnels dits libéraux ! Ensuite, faire comme pour la réforme des retraites. On en a parlé longtemps sans que rien ne bouge, et puis cela finit par bouger. La bonne méthode, c’est de changer les règles petit à petit, pour les plus jeunes. En regardant de près comment les prix se constituent, parce qu’il y a une règle générale, c’est que les gros se cachent derrière les petits pour se protéger.

Est-ce une réforme prioritaire ?

A droite, on dira que les plus réglementés et privilégiés au moins par leur statut à vie, ce sont les fonctionnaires. On dira qu’il y a des réformes plus importantes, alléger le code du travail et les structures administratives. C’est vrai. Les plus compatissants diront que les professions libérales ont déjà payé un lourd tribut au tour de vis fiscal. Il n’en reste pas moins qu’il n’y aucune raison de ne pas commencer à pousser un pied dans la porte de ce chantier.

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