Cela peut sembler surprenant et contre-intuitif par rapport au bruit général sur la dégradation de la situation économique dans le monde et en Europe. Mais dans la zone euro, le taux de chômage n’en finit pas de baisser depuis six ans.

Recherche d'emploi
Recherche d'emploi © Getty / Geri Lavrov

Effectivement, le taux de chômage a encore reculé dans la zone euro au mois d’août, selon les chiffres publiés hier par Eurostat

Taux de chômage (données corrigées des variations saisonnières). Source : Eurostat
Taux de chômage (données corrigées des variations saisonnières). Source : Eurostat

A 7,4% de la population active, il retrouve le niveau de mai 2008, juste avant la crise financière. Surtout, cela veut dire que si la tendance se poursuit, eh bien le mois prochain ou le suivant, le taux de chômage dans la zone euro sera au plus bas depuis la naissance de l’euro en 1999, il y a donc plus de vingt ans, et sans doute bien avant. 

Souvenons-nous : ce niveau de sans-emploi est monté jusqu’à plus de 12% en 2013. A partir de là, un taux de cinq points inférieurs aujourd’hui, il y a plusieurs réflexions. 

Un : on peut discuter à l’infini de la pertinence de cet indicateur du taux de chômage, avec des emplois plus courts et instables. Et le chômage est bien sûr un indicateur partiel de la santé de l’économie, on peut avoir, comme aux Etats-Unis, peu de chômage et des revenus qui ne bougent pas. C'est vrai. Mais quand même. 

Deux : il est possible -voire même probable, si on  considère les productions de production industrielle- que la guerre commerciale produise ses effets et que cela reparte cet automne dans le mauvais sens. Peut-être, cet indicateur positif est peut-être le dernier ... On en reparlera alors. 

Mais il est frappant de voir combien cette diminution du chômage en Europe depuis six ans a lieu dans une sorte d’indifférence générale. 

Cela dit, la carte européenne est éclatée

Le chômage est à 3% en Allemagne et à 17% en Grèce. Il est très bas, si on prend les pays les plus importants, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Autriche et en Irlande. Il est haut en Grèce, en Espagne, en Italie et en France (8,5% ici). 

Est-ce les pays du Nord qui se lèvent et se couchent tôt, contre les pays du Sud qui se lèvent et se couchent tard ? Les buveurs de bière contre les buveurs de vin ? Peut-être.

Les systèmes économiques et sociaux sont différents, tradition catholique contre tradition protestante, la relation au travail aussi. Il y a encore les conditions dans lesquelles chaque pays est entré dans l’euro et s’y est adapté. 

Au total, cette baisse du chômage est une bonne nouvelle, mais le fait que l’euro ait été une force centrifuge plutôt que centripète entre pays ne l’est pas - une bonne nouvelle.

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