« l'Edito éco » par Dominique Seux, des « Echos » : Une rentrée économique marquée par les craintes sur la conjoncture, par la préparation du budget 2009... Une rentrée qui se fait dans un climat d'attente. On sent comme un climat d'attente, une sorte d'atmosphère curieuse, de flottement, à la fois sur la situation économique et puis sur la réponse du gouvernement à cette situation. Ce qui est déstabilisant, c'est qu'on ne sait pas exactement de quel côté va basculer l'économie française. On peut à la fois craindre le pire, et en même temps, il y a quelques éclaircies. Quand on voit la situation de la construction, de l'immobilier, quand on voit la panne du crédit, l'attentisme dans la plupart des secteurs et même les chiffres de l'activité économique globale qui a reculé au deuxième trimestre, on craint la récession. Au passage, on remarquera d'ailleurs que c'est toujours la même chose, les Etats-Unis, d'où est partie la crise, s'en tirent à chaque fois mieux que nous puisque, la récession pour l'instant, on ne l'a pas vu chez eux. Il y a aussi des petits signaux plus positifs. Et c'est pour cela qu'on peut parler de moment charnière. D'abord, le prix du pétrole. Depuis son pic du printemps, le baril a baissé de 30 dollars. Il tourne autour de 115 dollars. C'est cher, notamment dans les stations d'essence à cause des taxes, mais c'est une forte baisse. Pour l'industrie, c'est une bonne nouvelle. C'est lié, mais il semble aussi que l'inflation va ralentir, on a peut-être atteint un pic cet été. Enfin, le niveau du chômage, pour l'instant, n'augmente pas vraiment. Alors, il n'y a pas de quoi sauter au plafond. Mais au total, au printemps, on entendait beaucoup de cocoricos sur le thème : la France résiste. Ils étaient excessifs. On entend aujourd'hui partout : la France en récession. Ce n'est pas encore le cas. Attendons avant de le répéter en boucle. La politique économique du gouvernement, là aussi, les Français peuvent s'interroger. Autour de nous, beaucoup de pays font des plans de relance : Les Etats-Unis, plus de 100 milliards d'euros, le Japon, 75 milliards annoncés vendredi, l'Espagne, la Grande-Bretagne. Nicolas Sarkozy et François Fillon, eux, ne veulent pas soutenir l'activité à coups de milliards d'euros. Parce que, pour eux, la relance, c'était le paquet fiscal de l'an dernier. Parce que un pays qui a un déficit public aussi élevé que la France n'a tout simplement plus d'argent, et que les plans de relance, c'est souvent arroser le sable avec de l'eau. Je crois qu'ils ont raison. En revanche, le gouvernement devrait éviter de casser la confiance, par exemple en créant des impôts à chaque fois qu'il a un problème. Pour les faire oublier, je prends le pari qu'il annoncera vite des cadeaux fiscaux, notamment sur les produits écologiques, verts ! Mais, au fond, le plus difficile, pour le gouvernement, va être d'expliquer comment on en est arrivé là : il y a un an, il voulait faire gagner un point de croissance à la France ; maintenant, il doit éviter qu'elle en perde un. Evidemment, Nicolas Sarkozy n'est pour rien dans la crise actuelle, mais les mois qui arrivent vont être longs, très longs.

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