Vous commentez une alliance entre Sanofi, le laboratoire pharmaceutique français, et Google… dans le domaine du diabète.

Après la musique, le commerce, l’information, les transports, l’hébergement, le numérique débarque dans la santé. Le premier groupe pharmaceutique français et Google ont effectivement conclu un partenariat stratégique pour lutter contre le diabète. C’est le premier de cette ampleur du géant américain, et ce n’est pas par hasard s’il s’agit de cette maladie chronique. Le diabète concerne 400 millions de personnes dans le monde, trois millions et demi en France et Sanofi développe l’insuline la plus vendue. Que vont-ils faire ensemble ? Pour l’instant, c’est un peu flou. Ils disent : partager des informations. Mais on sait que le numérique va révolutionner la santé. Concrètement, pour prendre l’exemple du diabète -on pourrait en prendre un autre-, trois choses peuvent être faites. Un : apporter de la fiabilité aux données. Aujourd’hui, c’est le patient qui note sur un cahier son taux de glycémie. Avec des erreurs. Les données des lecteurs commencent à être transmises par smartphone vers le médecin. Deuxième usage : c’est la fameuse data, l’utilisation des données. La consolidation anonyme des millions d’informations sur la santé va aider la science bien plus que les cohortes plus limitées. Troisième avancée : le confort des patients. Ils peuvent suivre à distance la façon dont leurs jeunes enfants prennent leurs médicaments. Cela pose bien des questions, mais il est clair que dans tout le domaine de la santé, bien des choses vont changer. Google n’est pas seul : IBM, Appl ou General Electric sont là aussi.

Est-ce que, comme ailleurs, les acteurs du numérique peuvent prendre le pouvoir dans la santé ?

Vous voulez dire : prendre le pouvoir mais surtout la valeur ? La réponse doit être plus nuancée qu’ailleurs. Aujourd’hui, les applications santé sur les smartphone nous aident à quoi ? Au bien-être : combien j’ai fait de pas dans la journée ; demain matin, l’utilisation de nos données médicales peut améliorer la prévention (suivre ma tension artérielle). Mais soigner des maladies, inventer des traitements reste un travail beaucoup plus complexe que le commerce. Le numérique, c’est une science dure, sans aléa ; le médical, le biologique c’est différent, plus hasardeux et subtil, c’est de l’humain. Donc, oui des progrès sont devant nous, mais attention à l’euphorie et à la communication.

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