L'Education nationale gère mal les affectations et la paie des profs. Une gestion indigne pour les personnels.

Quelques jours avant la rentrée, certains enseignants ne savent toujours pas où ils vont être affectés.
Quelques jours avant la rentrée, certains enseignants ne savent toujours pas où ils vont être affectés. © Maxppp / Bruno Levesque

C’est le jour puisque 861.000 enseignants vont accueillir plus de douze millions d’élèves du primaire et du secondaire. Je vais surprendre des auditeurs peut-être : le coup de gueule ne concerne pas la grève d’ores et déjà annoncée, et qui aura lieu jeudi prochain (même si cela pourrait être un bon sujet). Il porte sur le fonctionnement très concret de cette gigantesque machine qu’est le ministère de l’Education et la façon dont elle traite mal certains de ses agents, de ses employés : les profs. L’Etat donne tous les jours des leçons à la terre entière, mais il est un piètre gestionnaire. En début de semaine, certains enseignants ne savaient toujours pas où ils iraient ce matin. Comme chaque année, cela touche des agrégés, des certifiés, des auxiliaires. Hier, on me citait le cas de l’un d’entre eux qui attendait son affectation, et ne savait laquelle de deux villes du Nord de la France il rejoindrait, deux villes distantes de 85 kms. Comme chaque année, certains enseignants débutants ne toucheront pas leur première paie fin septembre mais avec retard -notamment ceux qui changent d’académie. Et ils seront priés de sourire parce que s’ils étaient dans le supérieur, ce retard pourrait -notamment pour les vacataires- aller jusqu’à dix mois ! On pourrait citer le cas des TZR, les titulaires sur zone de remplacement, qui sont ballotés jusqu’au dernier moment.

Alors, quelle leçon ?

D’abord, c’est indigne pour les personnels – bien sûr. C’est indigne pour un Etat comme celui de la France. Cela traduit l’absence totale de DRH, de direction des ressources humaines. Quand un enseignant a un problème, il doit tenter de trouver un interlocuteur au rectorat. Enfin, il est incroyable que l’Etat, qui est sur le dos des entreprises, qui les sanctionne par des amendes si elles n’appliquent pas des règlementations parfois tatillonnes, si elles ont quelques heures de retard dans le paiement de leurs cotisations sociales ou de leurs impôts, que cet Etat soit si dilettante ou mal organisé quand il s’agit de lui-même. Dernier exemple. Dans le secteur privé, un entretien professionnel de carrière est obligatoire tous les deux. Certains enseignants peuvent attendre des années avant d’avoir une inspection qui reconnaîtra leurs mérites et les fera progresser, et aussi en terme de rémunération. Faites ce que je dis, ne dites pas ce que je fais.

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