De nouvelles règles s’appliquent ce matin dans les entreprises et les administrations pour lutter contre le virus. Le télétravail va regagner du terrain. Décrédibilisés, les politiques courent après les scientifiques.

Dans les bureaux d'une entreprise
Dans les bureaux d'une entreprise © AFP / Elko Hirsch / Hans Lucas

Un nouveau protocole sanitaire a été publié hier soir à 20 heures 54 par Elizabeth Borne, la ministre du Travail : il concerne des millions de salariés du secteur privé mais aussi par extension beaucoup de fonctionnaires. 20 heures 54, trois heures seulement avant son entrée en vigueur : pour le dire gentiment, il était temps ! 

Ces nouvelles règles vont changer la vie sur les lieux de travail, mais elles ne vont pas empêcher le travail, et c'est le principal. Le principe, c’est le port du masque tout le temps, avec des exceptions et le droit de l’enlever de temps en temps en fonction des situations locales. Je vous épargne ce qui change en fonction de la puissance de la ventilation et des volumes des pièces : mal de tête garanti. 

Le patronat voulait des dérogations, il les a, tant pis pour lui. 

En pratique, c’est le masque 8 heures par jour et des entreprises qui vont revenir au télétravail par roulement des salariés. Dès hier, certaines (rares quand même) ont déjà annoncé le télétravail à 100% jusqu’en juin prochain. Au total, le port du masque est donc général en France, à l’extérieur et à l’intérieur - sauf dans les espaces familiaux, privés et les restaurants. 

La France va plus loin que les autres pays

La dirigeante des chrétiens-démocrates allemands vient de proposer le port du masque sur le lieu de travail, le patronat et les syndicats ont répondu : ça va pas non ?

Pourquoi cette différence ?

Les responsables politiques se sentent, ici, davantage contraint de suivre les experts médicaux parce que leur parole est décrédibilisée. Les scientifiques ont à nouveau la main, ce qui ne rend pas les choses simples : ils sont eux aussi dans le brouillard et transcrire leurs avis en mesures applicables est très difficile. Illustration : si la publication du Protocole a tardé, c’est que le gouvernement a jugé brouillon et inapplicable l’avis du Haut conseil de la santé publique, que celui-ci a dû refaire. Pour conclure, sachez que dans son avis précédent, de fin juillet, ce haut conseil cite une méta-analyse selon laquelle le port du masque réduit de 47% les risques de contamination sur le lieu de travail. 

Le masque partout, Ubu ou utile, on le saura dans un mois.  

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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