Les hôteliers n’ont pas l’air très contents de leur mois de juillet. La saison touristique va-t-elle être médiocre ?

Ca dépend pour qui. Du côté des hôteliers, ce n’est pas la joie. A la fédération patronale des hôteliers, l’UMIH, on explique que juillet n’a pas été terrible.

Dans les palaces parisiens, c’est carrément la déprime. A peine le tiers des chambres était rempli fin juillet et des rumeurs de plan social à la rentrée circulent.

C’est vrai qu’il y a eu les attentats, une météo pas franchement réjouissante, des grèves dans les transports, et même l’euro de foot qui a poussé ceux qui ne sont pas passionnés de ballon rond à prendre leurs quartiers d’été dans d’es pays plus calmes.

C’est bien ce que je disais, ça s’annonce médiocre !

Pour les hôteliers, oui, surtout à Paris, surtout dans les palaces.

Mais il ne faut pas confondre l’arbre du luxe parisien avec la forêt française des vacanciers.

Dans les Gites de France par exemple, le chiffre d’affaire a monté de 3% en juillet et les commandes pour août sont en progression de plus de 7%.

Dans les campings Sunêlia, plutôt haut de gamme, c’est même +10% qui est prévu pour l’été.

Et AirBnB, la fameuse plateforme d’intermédiation pour la location de logements, a battu tous ses records en France le mois dernier.

Mais alors, qu’est-ce qui se passe ?

Il se passe qu’il y a plusieurs marchés, et plusieurs comportements.

Les palaces parisiens ou de la Côte d’Azur accueillent surtout de riches étrangers. Or les pétroliers saoudiens ou russes ont moins d’argent. Les Chinois hésitent à exhiber leur aisance alors que leur gouvernement est parti à l’assaut de la corruption. Et ils ont l’impression qu’il y a des attentats partout en France.

Les Français et les Européens, eux, savent que le continent n’est pas à feu et à sang. Ils ont envie de partir en vacances, même s’ils n’ont pas toujours l’argent qu’il faudrait. Ils cherchent donc tout ce qui leur permet de dépenser moins en prenant tout de même du bon temps : le camping, AirB&B, les autocars Macron, etc.

Et donc, au final, comment sera la saison touristique ?

Au total, elle s’annonce pas mal compte tenu d’un environnement climatique, politique, social bien plus tendu que l’an dernier.

Mais le plus frappant, c’est que les consommateurs, ici comme ailleurs, changent leurs comportements. Ils s’adaptent, ils cherchent de nouvelles offres, ils font des arbitrages.

Ici comme ailleurs, les producteurs doivent proposer de nouvelles idées, qu’ils s’agissent des hôteliers, des transporteurs, des villes ou villages. Le changement, c’est même pendant les vacances !

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