Le sujet du jour, c’est l’attribution annoncée des JO 2024 à Paris. Et ses possibles implications économiques…

Paris a fait campagne sur la quasi-modestie de ses investissements, symbolisés par l’utilisation de 93 % d’équipements existants.
Paris a fait campagne sur la quasi-modestie de ses investissements, symbolisés par l’utilisation de 93 % d’équipements existants. © AFP / FRANCK FIFE

Projetez-vous le 2 août… Mais pas 2017, 2024 ! Le fil rouge de la Matinale aura de fortes chances d’être la cérémonie d’ouverture des jeux olympiques, le soir même au Stade de France. Rêve qui a donc toutes les chances de se réaliser après l’accord entre Los Angeles et le CIO pour les Jeux de 2028. Le microcosme olympique tricolore est sur un petit nuage, prêt pour la liesse si le CIO confirme tout cela le 13 septembre. Mais le comité de candidature aura alors 5 mois pour se muer en COJO, alias Comité d’organisation des jeux olympiques, et lancer des chantiers représentant des milliards d’euros et des milliers d’emplois.

Que pèse précisément une telle organisation ?

Paris a fait campagne sur la quasi-modestie de ses investissements, symbolisés par l’utilisation de 93 % d’équipements existants. Mais ne nous y trompons pas. L’organisation deviendra déjà une fourmilière de 5 000 personnes. Emblématique, le budget infrastructures (pour n’en citer que trois : le centre aquatique près du Stade de France, une salle de plus de 7 000 places à Bercy, le village olympique aux confins de Saint-Denis, l’Ile Saint-Denis et Saint-Ouen) est évalué à 3 milliards d’euros dont 50% de financements publics. Quant au COJO, pour les événements et leur préparation, il brassera 3,8 milliards. Hormis une contribution de 1,5 milliards du CIO (au passage, Los Angeles a obtenu 2 milliards, cela aide à patienter quatre ans !), ce budget devra être autofinancé par la billetterie, le sponsoring national ou les produits dérivés. Et ce sont les chiffres du dossier de candidature. Or, les dépassements de budget sont un classique de l’olympisme.

Quels risques économiques pourraient donc hypothéquer cette belle histoire annoncée ?

D’abord les dérapages budgétaires. Sans même parler des gabegies d’Athènes 2004 ou Rio 2016, même un bon élève comme Londres 2012 n’a pu éviter de voir le budget final doubler par rapport au prévisionnel ! Ensuite, il faudra accélérer des programmes extérieurs à l’événement, notamment dans les transports publics du fameux « grand Paris », comme la liaison ferroviaire rapide entre la gare de l’Est et Roissy. Le PDG d’Aéroports de Paris s’est dès hier fendu d’un tweet clamant « La réalisation en temps et en heure du CDG Express n’est plus une option. Objectif : décembre 2023 !!! »

Et n’oublions pas le défi d’aménagement du territoire. Une large part du projet a pour cadre la Seine-Saint-Denis, dont on sait les difficultés. Barcelone a su profiter des Jeux de 1992 pour réhabiliter son front de mer. A Londres, un quartier déshérité en bord de Tamise a été transfiguré grâce aux JO. Faire des Jeux un appel d’air pour la banlieue nord : en cas de victoire confirmée, voilà l’autre défi de Paris 2024.

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