A la Une des Echos ce matin : la suppression de l’impôt sur la fortune sera un peu moins douloureuse qu’attendue pour le budget de l’État.

Le ministère de l'Economie et des Finances
Le ministère de l'Economie et des Finances © AFP / Eric Piermont

C’est en tout cas, ce qui ressort des premières estimations faites par Bercy, que la journaliste des Echos Ingrid Feuerstein, s’est procurées. 

Alors on y apprend que l’impôt sur la fortune immobilière, l’IFI, comme on dit, cet impôt qui s’est substitué à l’ISF, l’impôt sur la fortune, ferait rentrer dans les caisses de l’Etat un peu plus de 1 milliard d’euros en 2018, pour sa première année d’existence.  Et ce milliard, c’est donc plus que ce qu’en attendait le gouvernement qui tablait plutôt sur 850 millions d’euros. 

Ceci dit cette prévision était un peu bancale

Car elle supposait qu’on était capable d’estimer la part de l’immobilier dans le patrimoine des ménages fortunés. Or les informations dont on dispose sur les redevables ne permettent pas vraiment de le faire. 

C’est plutôt une bonne nouvelle pour l’Etat. Que n’a-t-on pas entendu comme critiques sur ce nouvel impôt, l’IFI, ce « cadeau » de 3 milliards aux plus riches, comme le disait la gauche, sans garantie que l’argent ne « ruisselle » sur le reste de l’économie.

Justement, ces chiffres provisoires sur la première collecte de l’IFI montrent donc que la réforme coûtera un peu moins de 3 milliards aux finances de l’Etat. Alors c’est moins grave que prévu, ce n’est pas l’euphorie non plus. Sachant que le défunt ISF a lui rapporté en 2017 près de 4 milliards d’euros, après déduction du plafonnement. 

Est-ce qu’on peut espérer que l’Ifi rapportera encore plus d’année en année ?

Si on regarde de plus près, au total, on a quelque 120.000 ménages qui ont déposé une déclaration d’IFI. Ça, c’est trois fois moins qu’à l’époque de l’ISF. Mais à l’avenir, on peut imaginer que les recettes de cet impôt pourraient être portées par la dynamique des prix de l’immobilier. 

Ou bien, à l’inverse, elles pourraient aussi pâtir d’une «adaptation» des comportements de la part des contribuables, pour dire les choses poliment. Car il y aura toujours des petits malins pour modifier la composition de leur patrimoine au détriment de l’immobilier, ce qui aurait bien sûr pour effet d’amoindrir le rendement de l’IFI.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.