Le mois d’août est là. Les Français sont en vacances et le pays semble à l’arrêt. Mais qu’en est-il vraiment ? Est-ce que l’économie s’effondre...? Ou bien est-ce qu’elle continue à tourner malgré tout ?

L'économie au mois d'août : souvent un recul de l’activité industrielle et un regain d'activité pour le secteur culturel
L'économie au mois d'août : souvent un recul de l’activité industrielle et un regain d'activité pour le secteur culturel © Getty / John Philip Harper

C’est vrai, le mois d’août est un mois à part. On a l’impression que tout s’arrête. Les forces productives désertent les usines et les bureaux. Même le Président et les ministres font leur valise... D’ailleurs pendant cette parenthèse estivale, nous savons tous qu’il vaut mieux éviter d’avoir une rage de dent ou de subir un dégât des eaux. 

On pourrait dire à la manière de Woody Allen, « non seulement Dieu n’existe pas mais en plus essayez de trouver un plombier au mois d’aout… »

Bizarrement, malgré tous les inconvénients que cela comporte, les embouteillages sur les routes, les prix qui explosent et les plages surpeuplées, près de 40% des Français (et c’est un record) vont partir en vacances cet été. 

Quel impact cette transhumance a-t-elle sur l’activité économique ?

Justement, cela n’est pas si simple de le savoir. On dispose de peu de données chiffrées et l’Insee, l’institut français de la statistique ne s’est jamais vraiment penché sur la question. Ce qu’on sait c’est que environ 40% des entreprises du pays ferment leurs portes au mois d’août qui est toujours resté, depuis les premiers congés payés de 1936, le mois des vacances par excellence. Renault par exemple arrête pendant 4 semaines sa production de voitures. Peugeot en fait autant sur ses sites de production, quoi que sur une durée moindre, de 15 jours à 3 semaines. Ce n’est pas que les robots aient besoin de congés, mais même si elles sont très automatisées les chaînes de production de voitures exigent la présence de toutes leurs équipes pour tourner. 

Est-ce qu’on peut mesurer ce décrochage économique ?

Oui, deux indices permettent en tout cas de mieux comprendre ce qui se passe. Le premier, l’indice de la production industrielle. On l’appelle l’IPI et l’IPI pique du nez à chaque mois d’août, montrant bien un recul de l’activité. Recul très net dans le secteur de l’auto, mais aussi dans une moindre mesure, le textile, la pharmacie et l’agro-alimentaire.

A l’inverse, et c’est le deuxième indice, la production de services fait un bond en août. C’est logique : l’été, en plus des français, la France attire chaque année davantage de touristes étrangers. Nous sommes toujours la première destination touristique au monde. 87 millions d’étrangers sont venus nous rendre visite l’an dernier. Ce qui dope l’activité des hôtels, des restaurants, des transports et même de la culture. Au total ce sont entre 35 à 40 milliards d’euros pour notre économie. Et des emplois pour 600.000 personnes.

Vous le voyez, le mois d’août est un mois atypique. Une partie de la France se tourne les pouces tandis qu’une autre produit l’essentiel de son activité de l’année. Finalement, ces deux France s’équilibrent. 

On pourrait dire que les vacances des uns font le travail des autres… 

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