La compagnie irlandaise Ryanair a intégré le top 10 des plus gros pollueurs européens, aux côtés de neuf compagnies charbonnières allemandes, polonaise et bulgare. La question de la contribution du secteur aérien au réchauffement climatique va se poser de plus en plus. Les innovations technologiques ne suffiront pas.

Un avion de Ryanair
Un avion de Ryanair © AFP / Alberto PIZZOLI

Ce sont des données publiées hier par la Commission européenne et mises en avant par une ONG basée à Bruxelles spécialisée dans le domaine du transport. 

Ryanair est ainsi devenue la première entreprise qui n’extrait pas du charbon à intégrer ce top 10. La compagnie a déclaré pour 2018 presque dix mégatonnes d’émissions de CO2, un chiffre en hausse fulgurante de 50% par rapport à 2013. Les émissions de l’ensemble du transport aérien en Europe ont grimpé l’an dernier de près de 5%. 

Bien sûr, cette performance -si on peut dire- de Ryanair s’explique par son incroyable succès, la compagnie a transporté 130 millions de passagers l’an dernier. Ses porte-paroles expliquent que par passager transporté et par kilomètre, Ryanair pollue moins que d’autres, c’est sans doute vrai parce que ses avions sont les plus récents. 

Mais cette entrée dans le top 10 pose la question du rôle du transport aérien dans le réchauffement climatique. Sur le papier, il ne représente que 3% des émissions européennes de CO2, mais cela monte au fur et à mesure que le trafic aérien explose -et il explose d’abord en Asie. Le kérosène est très peu ou pas taxé, rien à voir avec le transport au sol, et il y a quelque chose d’incongru autant sur le plan économique que climatique de pouvoir aller dans n’importe quelle capitale européenne pour quelques dizaines d’euros si on s’y prend bien. 

Au passage, la liste des gros pollueurs européens, les neuf premiers, est intéressante. Calculée par Le Guardian, on y trouve sept charbonniers allemands, un bulgare, un polonais. Cela ramène notre french bashing franco-français à de justes proportions.

Comment faire alors pour le transport aérien ?

Il faut signaler pour être complet que les compagnies du monde entier ont mis en place un système pour se racheter, en gros elles plantent des arbres en Amazonie en échange de leur CO2. Ce sera dès l’an prochain. C’est une vraie réponse, mais insuffisante. 

S’agissant du prix du kérosène, cela ne pourra changer qu’au niveau européen. On y viendra forcément. 

Au-delà, on voit bien que la technologie (les économies de carburant avec de meilleurs moteurs) ne suffit pas, il faudra sans doute un jour limiter par exemple les voyages réguliers et professionnels qui devront utiliser d’autres canaux de communication.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.