Nicolas Sarkozy a fait le bilan hier d’un an de politique économique face à la crise.Il l’a fait un an après le lancement du plan de relance, c’était le 4 décembre 2008. Le chef de l’Etat a récusé toute autosatisfaction, mais cela y ressemblait un peu ! Il a rappelé que l’activité a moins reculé en France qu’ailleurs, autour de 2%, et que le chômage a moins augmenté qu’ailleurs. Dans les deux cas c’est exact. Et il a ironisé sur la rengaine qu’on entend depuis un an sur l’air du « il faut soutenir plus la consommation », alors que la consommation a jusqu’à maintenant tenu le choc. La baisse de la TVA en Grande-Bretagne n’a pas été d’une efficacité redoutable ! Ce qui est vrai est que le plan français, avec ses 1.000 projets d’investissements routiers, de rénovation d’églises etc., le plan français a été très concentré sur 2009 avec près de 30 milliards d’euros et qu’il a remplacé l’investissement défaillant des entreprises par celui de l’Etat. Au total, ce plan, avec le recul, apparaît plutôt bien calibré. Mais cela, c’est le rétroviseur, ce n’est en réalité pas l’essentiel. Et c’est quoi l’essentiel ?L’essentiel est de savoir où nous en sommes aujourd’hui dans la situation économique et dans la politique économique. Or, l’Elysée ne cache pas son inquiétude sur la conjoncture. Après la période d’euphorie assez ridicule de la rentrée, la réalité revient au galop : la reprise est fragile, très fragile, on a vu la mini-panique après une crise aussi marginale que celle de Dubaï. L’arrêt de la prime à la casse automobile en Allemagne, une croissance américaine dopée à la morphine de la relance, le dollar, le yuan et la livre sterling dont l’évolution ne nous est pas très favorable, sans oublier l’état calamiteux de voisins comme la Grande-Bretagne et l’Espagne : tout cela n’invite guère à l’optimisme. Il est possible que tout rentre dans l’ordre, mais il est possible aussi que la fin 2009 et le début 2010 connaissent des hoquets sur l’activité. C’est une hypothèse regardée. Et dans ce cas, la politique économique doit-elle changer ?Ce qui est compliqué est que les experts - si on peut les croire - estiment que la reprise sera plus solide vers la mi-2010, il y a donc une soudure à faire. Le gouvernement ne le dit pas, ne le dit pas encore, mais il se tient prêt au cas où à soutenir la consommation et à prendre des mesures sur l’emploi, tout en sachant qu’il est assez impuissant à très court terme. Cette possibilité de « trou d’air » dans la reprise constitue une raison de plus, estime Nicolas Sarkozy, pour ne pas serrer les boulons maintenant, pour ne pas enlever les béquilles qui soutiennent le malade. En attendant, pas d’urgence sur les déficits publics ?C’est ce que pense le chef de l’Etat et la conjoncture donne envie de le croire, surtout s’il prend l’engagement, comme hier, de réformer vraiment, à fond, les retraites en 2010. Le problème, c’est que cela fait vingt ans qu’il n’y a pas urgence et que le déficit public allemand ne devrait pas dépasser 3% du PIB cette année alors que celui de la France dépasse les 8% du PIB.

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