Cela a peut-être échappé à nos auditeurs : le conseil économique, social et environnemental, le CESE, a élu hier son nouveau président pour cinq ans.

Il s'appelle Patrick Bernasconi, et je vous assure que je ne lui en veux pas particulièrement. Mais la vérité oblige à dire qu'on ne sait pas à quoi sert le CESE et que sa suppression est régulièrement réclamée. Ainsi, en janvier, Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale, voulait le fusionner avec le Sénat. Officiellement, cet organisme installé dans le très grand Palais d'Iena, dans le XVIème arrondissement de Paris, a deux fonctions : conseiller le gouvernement et favoriser le dialogue entre les diverses catégories socioprofessionnelles ; franchement, en dehors d'accueillir les grands messes sociales, beaucoup de manifestations, et de servir à recaser un certain nombre de personnalités, l'existence du CESE ne se justifie plus. Le rapport le plus célèbre, celui de Joseph Wresinski sur la grande pauvreté, à l'origine du RMI, date quand même de 1987, il y a vingt-huit ans. Le budget est modeste (41 millions d'euros par an), mais les indemnités de la majorité des membres sont montrées du doigt. Certes, il existe des équivalents dans certains pays. Mais il n'y a qu'en France qu'on trouve aussi un CESER dans nos vingt-six régions.

Est-ce que ces arguments ne sont pas un peu populistes ?!

Non. Parce qu'on peut faire une proposition pour remplacer le CESE, et peut-être même au même endroit. On devrait s'inspirer d'une institution qui existe en Suède : un ministère du Futur, qui réfléchit à l'avenir, aux politiques du long terme -sans la contrainte du court terme. Son nom officiel est le ministre (ou plutôt la, elle s'appelle Kristina Persson) de la stratégie, de l'Avenir et de la coopération nordique. Elle est chargée de çà, le futur à dix, vingt ans. Son job : être au conseil des ministres la mauvaise conscience de ceux qui ne pensent qu'à leur réélection. Transition écologique, retraites, compétitivité : elle ne manque pas de travail. Ce n'est pas le Plan, c'est Jimini Cricket sur l'épaule des politiques. Voilà une idée qui a plus d'avenir que le CESE.

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