Dominique Seux comme, sous l’angle économique, le renoncement de François Hollande.

Oui, les résultats économiques ont pesé lourd en dépit du bilan trop flatteur qu’en a fait le président. Si le chômage avait baissé franchement, si le ras le bol fiscal n’avait pas été ce qu’il est, si la croissance avait été solide et non pas poisseuse, si si si … tout aurait été différent. La vérité est que, dans cet échec, il y a une responsabilité qui appartient à tous les socialistes, et une autre responsabilité qui appartient à François Hollande tout seul. La faute socialiste, que le président paie au prix fort, est qu’ils n’ont pas travaillé sur l’économie pendant dix ans, entre 2002 et 2012, et qu’ils sont arrivés au pouvoir avec des idées fausses. Il suffisait de se débarrasser de Sarkozy, des principes de Merkel et de tancer la finance pour que çà reparte. Il suffisait de remonter les impôts pour redresser les comptes publics. Ils n’avaient pas vu que le problème numéro un de notre économie n’était pas budgétaire, mais la perte de compétitivité. Et comme François Hollande a commencé par créer un choc de défiance avec les impôts, il a mis quelques mois fatals pour se pencher sur le vrai sujet, les entreprises. Le retard à l’allumage du début n’a jamais été rattrapé tandis que les fariboles de la campagne de 2012 ont permis aux frondeurs de fronder, ce qui a interdit d’aller plus loin dans la bonne direction au moment où les planètes se sont alignées dans le bon sens (pétrole, euro, taux d’intérêt). Résultat : des occasions manquées.

Mais il y a aussi une responsabilité personnelle ?

François Hollande n’avait pas d’expérience du pouvoir et cela s’est senti tout au long du quinquennat. La méthode a été défectueuse et a faussé le tout plus encore que le contenu des décisions elles-mêmes dont une partie seront dans quelques années réévaluées à la hausse. Résultat : trop de zig-zags, de flottement, une communication degré zéro avec les acteurs économiques.

Finalement, Sarkozy et Hollande, sur l’économie, se ressemblent.

Ils n’ont pas fait ce qu’ils avaient annoncé pendant leurs campagnes, ont eu des visions à l’ancienne, très fiscalo-budgétaire, alors que la compétitivité est une notion bien plus large. C’est de la clarté qui est désormais attendue. Pour François Hollande, c’est d’autant plus un gâchis qu’il se passionne pour l’économie alors que Nicolas Sarkozy s’en moquait totalement.

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