Comme l’ont fait le "Financial Times" il y a quelques semaines, comme aussi l’hebdomadaire britannique "The Economist", le média "Les Echos" adopte une ligne éditoriale qui veut inciter les acteurs économiques à intégrer les contraintes climatiques dans leur mode de pensée et d’agir.

Centrale charbon à Saint Avold (Moselle)
Centrale charbon à Saint Avold (Moselle) © AFP / Thierry Grun

C’est le constat d’une urgence naturellement, mais aussi d’une conviction : les entreprises, à côté de la pression nécessaire de l’opinion publique et des ONG, à côté des régulations décidées par les responsables politiques, (les entreprises) sont une partie importante de la solution. 

Hier dimanche, 200 personnalités de tous horizons sont venues écrire des articles dans Les Echos pour témoigner de cette prise de conscience. Disons-le : ce n’est pas un mouvement naturel. Il n’est pas inscrit dans les gênes de l’économie qu’elle intègre les externalités, et notamment les ressources. Depuis le début de l’humanité, elle utilise l’énergie carbonnée pour accroître la production et la richesse des trois parties prenantes que sont les salariés, les consommateurs et les actionnaires. Il existe donc une contradiction fondamentale a priori entre croissance et écologie. Mais cette contradiction peut être résolue, et c’est la bonne nouvelle. 

La première décroissance à mettre en œuvre, c’est celle de la consommation d’énergies carbonnées, et des technologies comme les éoliennes offshores à grande puissance, les piles à combustible à hydrogène etc. apportent des solutions - comme le rappelle Jean-Louis Etienne. Des règles encadrent désormais largement aussi l’utilisation des ressources, par exemple dans les secteurs automobile et industriel. 

C’est donc un mélange de la main invisible du marché et de la main très visible du politique qui peut fonctionner !

Mais tout cela, n’est-ce pas du greenwashing ? Du ripolinage vert ? Excellente question ! Depuis 20 ans, il y a eu beaucoup de com' sur la responsabilité sociale et environnementale, de la com' pas toujours (parfois si) suivie de résultats. C’est vrai. 

Mais la pression des catastrophes climatiques et des plus jeunes est telle qu’il y a aujourd’hui, vraiment, un vrai changement d’état d’esprit. 

Jusqu’où ? Dans les Echos, Bertrand Piccard (Solar Impulse) et Jean-François Rihal (Voyageurs du monde)  avertissent : la COP25 est l'une des dernières chances de l’économie parce que si rien ne se passe (au niveau international), la décroissance de l’économie elle-même (et non plus seulement des énergies polluantes) sera la solution. 

Une seconde d’optimisme pour finir ? Il s’est passé avec le plastique quelque chose d’étonnant : il a perdu la bataille culturelle et est sur la voie de la disparition. Qui l’eut crû il y a cinq ans seulement ? Personne.

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