Barack Obama a présenté hier soir le projet de Budget américain.Oui, attention, il s’agit du projet de Budget pour l’année fiscale 2011, qui commencera le 1er octobre prochain, c’est différent de la France. Au-delà de l’annulation des programmes lunaires dont on a beaucoup parlé et des chiffres qui donnent le vertige parce qu’ils sont à la mesure de ce que sont les Etats-Unis – 3.800 milliards de dollars de dépenses pour l’Etat, 1.300 milliards de déficit -, au-delà de ces chiffres, ce Budget est intéressant à un double titre. Il montre bien les difficultés de la période actuelle pour tous ceux qui sont aux commandes dans les différents pays ; et il met en évidence les difficultés propres de Barack Obama, dont la situation n’a pas grand chose à voir avec celle d’un dirigeant européen. Donc, d’abord, les difficultés de la période …Quand vous êtes à la Maison-Blanche, à la chancellerie à Berlin ou à l’Elysée, vous devez répondre à une seule question actuellement. Est-ce le moment de commencer à retirer les béquilles qui ont soutenu l’économie pendant la crise ? Par béquilles, j’entends les mesures de relance budgétaire qui ont évité que la récession se transforme en naufrage mais qui ont gonflé les déficits et les dettes publiques à un niveau inégalé. Au niveau international, Dominique Strauss Kahn, en bon keynésien, dit qu’il est trop tôt. C’est l’avis auquel s’est rangé Barack Obama, qui a annoncé la semaine dernière un nouveau plan pour l’emploi doté de 100 milliards de dollars, avec une prime de 5.000 dollars pour chaque embauche en entreprise. Mais le président américain ménage la chèvre et le chou parce qu’une partie de l’opinion commence à s’énerver du rôle pris par l’Etat, ce qu’on appelle là-bas le « Big State ». De fortes économies sont donc annoncées pour … 2011, pas tout de suite. Et puis, il y a les difficultés de Barack Obama lui-même…Piloter est difficile en ce moment, mais encore plus si vous avez les mains liées. Le problème est que toutes les semaines ou presque, le président américain fait des « annonces », comme on dit, mais dont on s’aperçoit souvent qu’elles ne se concrétisent pas parce qu’il n’a pas de majorité pour les voter. Vous vous souvenez, Barack Obama avait décidé le plafonnement à 500.000 dollars des rémunérations pour les patrons des entreprises sauvées par l’Etat. Qu’en est-il advenu ? Rien. Il avait annoncé une grande réforme de la supervision financière. Elle n’a pratiquement pas avancé. Celle de la santé est toujours en panne, comme celle sur le climat. Et les fortes promesses sur le découpage des banques, il y a huit jours, ne sont pas certaines de voir le jour. Pour le Budget, on peut avoir des doutes. C’est le visage d’une démocratie américaine bloquée. Qu’est-ce qui peut la débloquer ?La situation du chômage devrait aplanir les divergences. A Davos, un économiste ironisait sur l’Est – la Chine – qui a 10% de croissance et l’Ouest - y compris aux Etats-Unis – 10% de chômage. C’est pour cela, si j’osais un jeu de mot éculé, que les Américains attendent de Barack Obama qu’il leur promette l’emploi plus que la lune. Dominique, votre journal Les Echos annoncent aussi autre chose ce matin …… Oui, il annonce que l’Université Paris Dauphine a décidé hier soir de multiplier par quinze les droits d’inscription pour une partie de ses étudiants : ils s’élèveraient jusqu’à 4000 euros par an, cela va faire du bruit.

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