Ce matin, trois inquiétudes et trois espoirs pour 2013.

Exercice convenu, mais nécessaire - notamment du côté des espoirs - parce que l’année sera difficile. La première inquiétude porte sur la poursuite du décrochage industriel. 2012 a vu trois événements : la fermeture d’Aulnay, temple de l’industrie automobile et de ses cols bleus ; les difficultés d’Alcatel-Lucent, temple de technologie et de ses cols blancs ; enfin elle a vu l’Etat français plier devant Mittal, sidérurgiste d’origine indienne. Une série significative. On sait aussi que nos champions du nucléaire et du ferroviaire souffrent à l’exportation. Donc l’industrie. La deuxième inquiétude, majeure, est sociale. Le taux de chômage s’approche de son record historique. Ce triste record risque d’être enfoncé. Comment vont réagir les Français, peuple déjà parmi les plus pessimistes ? En 2009, année de la Grande Récession, le chômage était moins élevé. La troisième inquiétude est liée à la fiscalité.__ Chacun a son avis sur les hausses d’impôt mais la France a rarement connu un choc de cette ampleur. Bernard Arnault, Gérard Depardieu, hier Jean-Michel Jarre, si 2013 voit autant de vrais ou faux exils fiscaux que ces dernières semaines, le climat va être lourd. Voilà trois inquiétudes.

Vous nous avez promis aussi trois espoirs…

C’est plus difficile ! Mais quand tout le monde broie du noir, c’est le moment de déceler le rose. Le premier espoir tient à un phénomène peu remarqué : la moitié de la population mondiale vient de changer de dirigeants. En Chine, nouvelle équipe après dix ans ; au Brésil, même chose ; aux Etats-Unis, Obama est dans son second mandat, il n’a plus rien à perdre ; en Corée, en France, en Italie, au Japon, nouvelles équipes. Seul contre-exemple, l’Allemagne, où l’on votera cette année. Mais de nouvelles générations qui accèdent au pouvoir, cela peut être de nouvelles idées, de l’imagination, une autre vision du monde – de la mondialisation, de l’économie. Pourquoi pas ? Deuxième espoir, que le cycle économique s’inverse y compris en Europe. C’est l’intuition de François Hollande. Après la récession de 2009, il y a eu deux années de croissance à plus de 1,5%. Après les mauvaises années 2012 et 2013 d’assainissement budgétaire, 2014 sera peut-être meilleure. Le troisième espoir est scientifique et technologique. On veut croire que l’explosion du nombre d’étudiants et de chercheurs dans le monde depuis quinze ans annonce des révolutions, des découvertes majeures. Voilà trois inquiétudes et trois espoirs.

Dernière question : qui, des plus ou des moins, va l’emporter ?

Soyons clairs : sur l’économie, 2013 paraît « cuite ». Pour le reste, je reprendrais un mot de l’écrivain Jean-Claude Guillebaud dans le journal La Croix de lundi. Ce dont nous avons besoin en France, dit-il, c’est de retrouver un projet collectif, un minimum de confiance qui nous éloigne de la maladie du cynisme généralisé qui nous accable. Edgar Morin le dit autrement, il nous faut, ajoute-t-il, des redresseurs d’espérance. On ne saurait mieux dire.

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