Pas de vœu économique en ce 2 janvier, mais une question dont vous pensez qu’elle sera la question clé de cette année.

Cette question est celle-ci : les idées et les gens raisonnables vont-ils l’emporter en 2017 ou pas ? A cette interrogation, on a eu une réponse politique à l’international avec le Brexit, l’élection de Donald Trump, le nationalisme de Poutine et celui de Xi Jinping en mer de Chine. Mais elle se pose aussi en économie. Le Brexit, Donald Trump et le non au référendum italien, solutions a priori « déraisonnables » n’ont pas eu en 2016 les conséquences négatives attendues. L’économie et les bourses mondiales ont plutôt regardé les perspectives de plan de relance et de liberté retrouvée de la finance. Mais dans tous les cas, on rentre en 2017 dans le concret, le dur. Une fois vraiment installé à la Maison-Blanche, Donald Trump supprimera-t-il vraiment les régulations des banques américaines ? Fera-t-il vraiment des baisses d’impôts inédites par leur ampleur pour sa relance ? Et qui, dans ce cas, financera le déficit budgétaire accru ? Jusqu’où ira-t-il au bras de fer avec la Chine ? Sera-t-il en définitive remis dans des rails plus raisonnables par son administration et le Congrès ? C’est ce que beaucoup se disent. Mais personne n’en sait rien. Le Brexit, qui doit être déclenché d’ici mars, sera-t-il hard ou soft ? Pour qui les Italiens et les néerlandais voteront-ils ?

Question aussi française...

Oui. Les Français sont eux aussi fatigués des promesses non tenues sur la croissance, le chômage et les réformes par les partis centraux. Certains candidats répondent à cette fatigue ou colère avec des projets plus radicaux que ce qu’on a connu depuis longtemps. Pour Le FN et Jean-Luc Mélenchon, c’est une menace aux autres Européens : « faites ce que nous voulons, sinon nous partons » (c’est le seul point d’accord entre eux) ; pour Benoît Hamon un revenu universel à quelques centaines de milliards d’euros ; pour François Fillon le plan de redressement économique le plus ambitieux pour la droite depuis trente ans. Un autre candidat, Emmanuel Macron, met sa radicalité non pas dans son projet mais dans le renouvellement total de l’offre politique. Eh bien, chacun d’entre nous devra trancher sur ce qui est raisonnable ou pas. Depuis 15 ans, les voies (voies et voix) raisonnables ont commis d’énormes erreurs, comment résister à la petite voix redoutable en chacun de nous qui peut être séduite par la démagogie. C’est la question.

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