Le bilan annuel des immatriculations automobiles 2017 a été publié hier. Et attention aux idées reçues.

La voiture totalement électrique n'a pas séduit autant d'automobilistes qu'escompté
La voiture totalement électrique n'a pas séduit autant d'automobilistes qu'escompté © Getty / Tetra Images

Ouiu, et l'élément le plus spectaculaire est le recul du diesel. Pour la 1ère fois depuis 2000, la part des immatriculations de voitures diesel achetées par les particuliers, M. et Mme tout le monde, est passée sous la barre des 50%. C'est un vrai plongeon du 5 mètres puisque cette part avait dépassé les 70% en 2010. La hausse du prix du gazole (pas loin de + huit centimes par litre depuis hier), le dieselgate, les craintes liées aux particules ultra-fines, tout cela contribue à refermer une parenthèse qui n’aura au fond duré qu’une quinzaine d’années. Les constructeurs continuent de défendre les vertus du diesel (c'est mieux que l'essence contre le réchauffement) mais ils l’ont compris : ils ne sont plus audibles. 

Cela étant, attention aux lectures rapides. On oublie toujours les immatriculations des véhicules des entreprises, les camionnettes de livraison ou des artisans - il y en a quand même un demi-million par an, et la presque totalité sont des diesels. Ce qui fait que sur l’ensemble des ventes auto, le diesel domine toujours, à 57%. Il faudra des années pour que l’avantage fiscal réservé aux véhicules d’entreprise diesel disparaisse. L’Etat laisse un peu de temps (et c’est heureux) à Renault et PSA pour s’adapter sur un segment moins visible. 1ère tendance.

La deuxième tendance intéressante de 2017 est le dynamisme du marché français, qui a grimpé de presque 5%, à 2,1 millions de voitures particulières. Tant mieux pour nos constructeurs. Mais là encore attention : cet étiage reste inférieur à ce qu’il était dans les années 90 et 2000 alors que la population a augmenté de plusieurs millions et qu'il existe des low cost. Ce qui veut bien dire que les générations montantes sont moins désireuses d’acheter une voiture neuve, la « valeur voiture » a moins la cote. C’est une tendance de fond que chacun peut vérifier dans son entourage, en tous cas en milieu urbain.

Enfin, les ventes de voiture électrique restent très faibles

Si on compare le bruit médiatique sur la voiture électrique et la réalité du marché aujourd’hui, la disproportion a la taille du Grand Canyon. 25.000 ventes l’année dernière, environ 1% du marché, avec c’est vrai les hybrides qui bougent un peu plus – mais moins de 100.000. Au total, on le voit donc, le marché évolue, mais les prix restent l’élément déclencheur numéro un, et de loin, de l’acte d’achat d’un véhicule automobile.

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