Une question ce matin : 2019 sera-t-elle une bonne année économique pour Emmanuel Macron ?

C’est la réponse que l’on attend parce que c’est l’engagement qu’il a pris devant les Français. 

Elu au printemps 2017, il a promis des résultats dans les 18 à 24 mois. Dix-huit à vingt-quatre mois plus tard, c’est 2019, nous y sommes. 

Si l’on regarde froidement les choses, le bilan est jusqu’à maintenant mitigé, mais le gouvernement a toujours dit qu’il fallait laisser le temps aux réformes d’infuser. 

Ce bilan peut-il virer au vert dans les mois qui viennent ? 

Deux indicateurs vont être surveillés. 

-Un : le chômage. Le taux de chômage est passé de 9,6 à 9,1% depuis la présidentielle, c’est un recul, mais il ne bouge quasiment plus depuis un an, et il reste à un des niveaux les plus élevés en Europe. L’Insee le voit encore à 9% en juin, il n’y a pas de quoi sauter au plafond. On voit bien qu’il existe deux marchés du travail. Sur le marché des personnes formées et mobiles, il n’y a pas de problème d’emploi, il y a des difficultés de recrutement ; sur le marché des peu diplômés, la France bute sur son chômage structurel.  

- Et le second indicateur ? C’est le pouvoir d’achat. Là, 2019 sera une bonne année pour une grande partie des Français, peut-être la meilleure depuis dix ans, dixit l’Insee. Cela devrait jouer sur la consommation. C’est une bonne nouvelle, à condition que la retenue à la source de l’impôt sur le revenu ne fausse pas la perception – logiquement, çà ne devrait pas être le cas, mais la logique n’est pas une valeur en hausse depuis quelque temps. Le vrai souci est que ce pouvoir d’achat n’est pas le résultat d’une meilleure productivité et d’un meilleur usage du capital, mais qu’il est financé par l’argent des contribuables. Donc le serpent se mord la queue. 

Au total, chômage, pouvoir d’achat : on saura la vérité du macronisme cette année. 

Cela dépendra quand même de l’environnement international.... Oui, et un cycle très favorable au niveau mondial est en fin de course. C’est ce que montrent les marchés boursiers qui ont plongé en décembre. 

-Est-ce grave ? Sauf crise financière majeure, a priori non. 

- Y pouvons-nous quelque chose ? Un peu, pas beaucoup. Car en 2019 comme en 2018, les Etats-Unis et la Chine donneront le la de l’économie, hélas trois fois hélas davantage que l’Europe quoi qu’en disent les apôtres du « y’a qu’à faut qu’on ».

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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