Le gouvernement n'a pas été avare en allègements fiscaux depuis 2017 : cotisations sociales, taxe d'habitation, ISF, impôts sur le revenu cette année ... Et pourtant, on ne voit aucune pancarte dans les rues : "Merci Macron pour tous ces ronds" ! Voici pourquoi.

Feuille d'impôt
Feuille d'impôt © AFP / Riccardo Milani / Hans Lucas

Retour sur la baisse de 5 milliards d’euros de l’impôt sur le revenu qui s’applique cette année. Dix-sept millions de contribuables sont concernés, et ils le constateront sur leurs comptes en banque dès ce mois-ci, avec le prélèvement à la source.

Cela représentera de quelques dizaines à une petite centaine d’euros par mois d’impôt en moins, c’est-à-dire de revenus en plus – sauf pour les plus aisés et sauf (par définition) les Français non imposables. La question est de savoir si les contribuables vont se rendre compte de cette baisse d’impôt. Parce que ce qui est frappant est que tous les allègements décidés depuis 2017 n’ont pas infusé, ils n’ont pas bénéficié politiquement à Emmanuel Macron. C’est comme s’ils s’étaient perdus dans les sables. 

Les cotisations sociales des actifs ont diminué, la taxe d’habitation a déjà été supprimée aux deux tiers pour quatre Français sur cinq ; la prime d’activité a été augmentée pour des millions d'autres, l’ISF a été à moitié supprimé, etc. Au total, le pouvoir d’achat, en 2019, a enregistré le plus fort bond depuis dix ans. Mais on ne voit personne dans les rues avec des panneaux "Merci Macron pour tous ces ronds"

Pourquoi ? 

1- Il y a eu le pataquès avec la hausse de CSG des retraités et les taxes sur les carburants. L'étalement de la baisse des cotisations sociales versus la CSG a brouillé le message.

2- Ensuite, commencer par la fiscalité du capital a coloré le début du quinquennat : l’impression domine que les plus riches ont été servis d’abord même si ce n’est factuellement pas exact. 

3-Au-delà, la thèse économique des anticipations rationnelles qui est que les Français épargneraient pour anticiper des hausses d’impôts futures pour combler les déficits, cette thèse n'est pas convaincante. 

4- En revanche, le niveau des prélèvements obligatoires, 44% du PIB, est si élevé (deux points de plus qu’il y a quinze ans) que nous sommes blasés devant non seulement les promesses de cadeaux fiscaux mais leur réalité même. 

Le cas de l’impôt sur le revenu lui-même pose question

L’impôt baisse mais il rapporte plus à l’Etat. 3 milliards entre 2019 et 2020 malgré le cadeau de 5 milliards. Mystère mystère. 

En fait, ce n’est pas sorcier : en plus de la sous-indexation du barème, le prélèvement à la source a permis de rattraper les petits malins qui avaient une phobie fiscale au moment de déclarer leurs revenus. 

Conclusion : allègement est réel pour les contribuables vertueux. La morale est sauve !

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