Retour sur une chronique qui a fait beaucoup de bruit mardi dernier sur les salaires des enseignants. Un droit de suite, ou un devoir de suite. Mardi, on faisait état ici de données transmises par le proviseur d'un grand lycée (non parisien) quelque part en France. Des données sur les salaires réels versés aux enseignants de ce lycée. Elles montraient que le revenu médian perçu (la moitié gagne plus, la moitié gagne moins) est de 2.700 euros par mois, et que la moyenne est à près de 2.800 euros. Que si certains enseignants sont en dessous de 2.000 euros, d’autres gagnent plus de 4.000 euros par mois, voire 5.000 euros et que l’un d’entre eux a reçu, dans ce lycée, 9.400 euros en décembre (sans que cela soit un rattrapage). Cette chronique a suscité des centaines de réactions, en mails à Radio France, sur mon blog des Echos, ainsi qu’un communiqué du Snes, le syndicat du secondaire.Vous apportez des précisions ? Oui, et des confirmations. D’abord, ce lycée existe bien, avec plus de 2.000 élèves et bien plus de 200 enseignants. Il ne ressemble pas forcément à tous les lycées, parce que chacun est unique. Là, il y a des filières générales, professionnelles et techniques, mais aussi quelques classes préparatoires aux grandes écoles. On y trouve des professeurs certifiés, des agrégés avec, c’est vrai, une particularité : une ancienneté en moyenne élevée. Mais des lycées de ce type, il en existe beaucoup, et le revenu mensuel cité, vérifié, correspond bien à un revenu annuel imposable divisé par douze.Que veut démontrer, à travers vous, ce proviseur ? Pas que les enseignants sont surpayés : ils exercent un métier difficile devant des élèves qui le sont parfois autant. La plupart ne roulent pas sur l’or. Mais, contrairement à un discours convenu, des différences existent, elles sont niées et méconnues. Certains enseignants du second degré sont très bien payés. Car la grille indiciaire n'est pas l’alpha et l’oméga du revenu. Il y a aussi l’indemnité de résidence, le supplément familial, des indemnités particulières de suivi et d’orientation, de conseil de classe, et surtout des heures sup et des khôlles. Un certifié peut ainsi augmenter son revenu sensiblement. En prépa, l’obligation réglementaire de service est de neuf à onze heures par semaine mais pour l’enseignant qui assure 15 heures, le reste est en heures sup.Peut-on généraliser ? Non ! Il faut redire que ce qui est vrai pour certains enseignants de lycée ne l'est pas en collège et encore moins en primaire ou les salaires réels sont très faibles pour une durée de travail qui ne laisse pas de temps pour avoir d autres activités.Quelles conclusions ? 1 - l'hypersensibilité à ce sujet du corps enseignant qui se vit comme un camp assiégé.2 - l'étonnement du non enseignant face à une situation qui fait que plus on est diplômé, moins le temps de service est élevé, du primaire aux classes prépa alors qu’il n y a pas d’obligation de recherche comme dans le supérieur pour les agrégés.3 - les proviseurs, qui ont une responsabilité opérationnelle et d’encadrement de parfois plusieurs centaines de personnes, ne sont pas, et de loin, aussi bien payés que certains enseignants. Cela en dit beaucoup sur la hiérarchie des priorités vue par le système éducatif.

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