Rien n’est fait. Tout est encore ouvert. Les noms peuvent tourner jusqu’à la dernière seconde. Mais enfin : oui, le nom de Christine Lagarde, l’actuelle directrice générale du FMI, est plus que cité pour un des cinq postes que les 28 chefs d’Etat vont encore essayer d’attribuer ce matin à Bruxelles.

Christine Lagarde
Christine Lagarde © AFP / Mohd RASFAN

Pas pour n’importe quel poste : celui de présidente de la Banque centrale européenne, pour prendre la suite de Mario Draghi, dont le mandat s'achève le 31 octobre. 

Emmanuel Macron y pense et Angela Merkel ne serait pas contre. Christine Lagarde, elle, est intéressée, elle aurait même sondé beaucoup de monde au téléphone ces dernières heures pour tester son soutien. 

Son mandat au FMI court jusqu’en 2021 mais elle souhaite en réalité revenir en Europe après huit années à Washington. Dans la mesure où les règles du FMI sont strictes, elle n’a pas le droit de faire campagne, et si cela n’aboutit pas, elle niera avoir été candidate. Son atout est sa vision large de l’économie et sa personnalité connue et reconnue ; son handicap est qu’elle n’a pas dirigé de banque centrale. 

En réalité, l’hypothèse Christine Lagarde s’inscrirait (et vous notez le conditionnel) dans un de ces puzzles que l’Europe cherche désespérément. Si le président du Parlement européen était allemand, si celui de la Commission était néerlandais, si le ou la président-e du conseil était danoise ou belge, ou l’inverse, bref si, si … les Français pourraient suggérer un nom français pour la BCE. Pour ce poste, il y a un candidat officiel, l’Allemand Jens Weidmann, de la Bundesbank, mais son orthodoxie fait peur à plus d’un. Équilibres Nord-sud, homme-femme, nationalité : tout est subtil. Vous le voyez, je reste prudent.  

Seule chose certaine : l’Europe ne doit pas se tromper. La zone euro ne doit pas se tromper sur le choix du futur patron de la BCE. On ne dit pas que des cinq postes sur la table, c’est le plus important. Mais son rôle est considérable : il s’agit de la politique monétaire et de l’euro qui concernent 300 millions de personnes. Ces dernières années, la politique monétaire a joué un rôle clé sur l’économie. Plus encore, l’hypothèse d’une crise financière, avec des bulles qui se sont constituées en raison des taux d’intérêt bas, est vraisemblable – il y en a tous les dix ans. Il faut choisir la personne qui prendra dans ce cas les bonnes décisions. La sélection de celui ou celle qui dirigera la BCE aura lieu aujourd’hui ou dans quelques semaines. Mais cela ne doit pas être un choix par ricochet ou un lot de consolation. Cela doit être un choix en lui-même.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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