Le nombre de doses injectées dans le monde a quadruplé en deux mois. Deux questions restent en suspens : l'accès à la vaccination dans les pays pauvres ; le plafond de verre vaccinal dans les pays riches. La réouverture des frontières est une conséquence concrète de la progression vaccinale.

Deux milliards de vaccinations
Deux milliards de vaccinations © Getty / Stefan Cristian Cioata

C’est un succès scientifique, industriel et logistique phénoménal

Au rythme actuel de 35 millions de piqures par jour, le cap des 2 milliards sera franchi demain ou après-demain selon les décomptes de l’agence Bloomberg et du site ourworldindata

500 millions de vaccinations fin mars, un milliard fin avril, deux milliards début juin, c’est considérable, même s'il faut rappeler que cela ne fait pas 2 milliards de personnes vaccinées puisque deux doses sont parfois nécessaires. 

Dans le détail, la Chine affiche 660 millions de vaccinations, devant les Etats-Unis (296 millions), l’Union européenne (250 millions) et l’Inde (218 millions). 

L’Europe rattrape son retard et elle est de loin le continent le plus solidaire au monde puisque. Le commissaire européen Thierry Breton nous indique que, fin juin, le vieux continent aura fabriqué entre 900 millions et un milliard de doses, en en aura exporté une grande partie. Voilà pour les chiffes. 

Désormais, deux questions sont sur la table 

  • À quel niveau est le plafond de verre vaccinal, faudra-t-il être plus ferme dans la vaccination pour avoir l’immunité collective ? 
  • Comment vacciner les pays très pauvres, qui ne reçoivent pas de vaccin mais dont aussi la population ne veut pas forcément se vacciner parce qu’il y a peu de malades ?

Dans les deux cas, ce sont les équations de l’été et l’automne. 

La vaccination a des effets concrets

On parle ici de la réouverture des frontières et des voyages, touristiques et professionnels. Ce matin, le conseil de défense se réunira à l’Elysée et décidera (ou pas) de rouvrir l’accès de notre pays aux non Européens. 

  • À partir du 9 juin, les citoyens des pays « verts », Israéliens, australiens, néo-zélandais et autres devraient pouvoir venir librement. 
  • Les citoyens des pays « rouges », Inde, Brésil etc., resteront dehors. 
  • Les habitants des pays « orange », eux, devront avoir été piqués par un vaccin reconnu par l’Union. Concrètement, pas de problème pour un marocain vacciné au Pfizer, mais pas d’entrée pour un marocain vacciné au vaccin chinois Sinovac. 
  • Hier soir, le cas des visiteurs américains restait incertain : entrent en ligne de compte les indicateurs sanitaires mais aussi la réciprocité, en clair la possibilité pour les Français d’aller aux Etats-Unis cet été, réciprocité que souhaite Clément Beaune, le ministre en charge. Or, Washington ne bouge pas pour l’instant. 

Donc, une vraie incertitude et la décision sera prise par Emmanuel Macron.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter