Lors du grand débat télévisé de ce soir, vous aimeriez que chacun des deux candidats réponde à une question.

L’économie ouvrira ce face-à-face et il sera intéressant s’il permet de mettre un instant un mouchoir sur l’antisarkozysme d’un côté et sur le procès en incompétence de l’autre. Il le sera s’il permet de confronter des arguments, des programmes pour le quinquennat 2012-2017, le plus important depuis longtemps tant le monde bouge et tant l’avenir inquiète. Quelles questions économiques pour les deux candidats ? Une sur sa colonne vertébrale pour Nicolas Sarkozy ; une sur son courage pour François Hollande.

On commence par le Président en place ?

Oui. Son bilan est mauvais dans l’absolu, mais plus qu’honorable dans la situation de crise ; son projet, lui, est à la fois dans la continuité du quinquennat mais en rupture sur certains sujets, avec par exemple une remise en cause de la façon dont fonctionne l’Europe libérale depuis 1957. Question : quelle est la colonne vertébrale de sa politique économique ? En cinq ans, il y a eu beaucoup de zigzags : laisser-faire puis rigueur sur les déficits ; baisses puis hausses d’impôts ; défense puis attaque de l’Europe et de la finance ; libérale et interventionniste. Du coup, la ligne qu’il suivra s’il reste à l’Elysée a besoin d’être clarifiée. Energique, pragmatique et transgressif, dit-il. Cela ne suffit pas. David Cameron à Londres avec la Big Society (démocratie de la subsidiarité), Gerhard Schroeder et Angela Merkel à Berlin avec la compétitivité industrielle, ont proposé des modèles. Nicolas Sarkozy est attendu sur sa colonne vertébrale, sa constance.

La question à François Hollande est celle du courage ?

Oui. Fera-t-il, s’il est élu, les réformes nécessaires, dont chacun voit bien qu’elles ne peuvent se limiter à taxer les plus aisés et les grandes entreprises et à créer des nouveaux postes dans le secteur public? Ces dernières semaines, on a appris qu’il conserverait un certain nombre de celles votées depuis cinq ans : service minimum dans les transports, autonomie des universités taxe professionnelle, grand emprunt, Grand Paris, y compris le relèvement du seuil d’entrée dans l’ISF et même sans doute une partie importante de la réforme des retraites. Il les a durement combattues, il les juge aujourd’hui utiles ... Mais Français Hollande les ferait-il si elles n’avaient pas été faites par d’autres ? Pas sûr ! Entre 1997 et 2002, la gauche a mis en place les 35 heures et la Couverture maladie universelle - et la CMU est une bonne réforme. Ce n’étaient pas les plus difficiles. Aujourd’hui, le soutien si ardent de la CGT, de la CFDT, des syndicats enseignants est-il la garantie du mouvement, et pas seulement de réformes qui plaisent ? Aller à contre-courant pour ne pas faire du sur place, c’est cela aussi parfois le courage.

Bon, on y verra plus clair ce soir ?

M. Sarkozy, quelle est votre colonne vertébrale ; M. Hollande, seriez-vous courageux ; On a le droit de rêver. En réalité, il y aura sans doute plus de coups que de comptes, plus de procès d’intention que de projets et de petites phrases que de programmes ! Mais sait-on jamais !

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