Selon vos informations, François Hollande fait actuellement des rêves de baisse d'impôts.

Oui, le Président sait qu'il n'y aura plus de texte économique après la loi El Khomri et d’ici la présidentielle ; plus de texte économique, sauf un : le budget 2017 qui sera voté cet automne. Et effectivement, il aimerait, si c'est possible -à ce stade rien n'est décidé-, il aimerait inclure dans ce budget une nouvelle baisse d'impôt sur le revenu. Avec en tête trois objectifs. Baisser l'impôt, c'est d'abord ancrer l'idée que ça va mieux ; quand ça ne va pas, l'impôt augmente ; quand ça va mieux, il baisse et on redistribue. Ensuite, à l'approche d'une présidentielle, c'est un grand classique - seul Nicolas Sarkozy a, en 2011-2012, bizarrement augmenté l'impôt en fin de quinquennat. Cette fois-ci, les Français ne constateraient la baisse qu'en août 2017, après l'élection, mais ils auront fait leurs petits calculs avant. Bref, Hollande se dit : ça ne peut pas faire de mal dans les urnes et si ça fait du bien tant mieux.

Et la troisième raison ?

C'est la principale. Il s'agit de tordre le cou à l'idée qui s'est installée que ce quinquennat a battu tous les records pour les hausses d'impôt. Qu'il est associé dans l'histoire au ras le bol fiscal. Et c'est vrai. Rendez-vous compte. Les ménages paient cette année 58 milliards d'impôt en plus qu'en 2010. Mais les entreprises, me direz-vous, elles y ont gagné. Eh bien, non ! Entre les hausses de la fin de Sarkozy et du début Hollande, et les baisses, celles du CICE et du Pacte, la balance est pour l'instant nulle.

La piste de la baisse d'impôt va donc occuper les mois à venir ?

Les ménages vont être bercés du doux murmure d'un allégement possible. Bercy dira: ce n'est pas possible, mais vous verrez finira par dire que c'est possible. Mais la grande question sera ailleurs. Qui va en bénéficier ? Evidemment, François Hollande va privilégier les ménages supposés voter à gauche, les plus modestes. Ceux qui déjà ne paient pas ou très peu d'impôt sur le revenu. Le résultat sera de concentrer encore un peu plus l'impôt sur les mêmes épaules et d'exaspérer les classes moyennes et aisées. C'est la raison pour laquelle demandons-nous si les baisses d'impôt électoralistes ne devraient pas être interdites en fin de mandat.

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