Ce matin, des chefs d’entreprise prennent position avant le second tour dans Les Echos, votre journal.

Une dizaine de dirigeants de grands groupes, comme Bouygues, Veolia, Michelin, Solvay, le distributeur Leclerc, Atos mais aussi de sociétés plus récentes comme PriceMinister, Criteo et Thuasne, expliquent les conséquences dévastatrices selon eux qu’aurait pour leur activité l’application du projet de Marine Le Pen. Qu’il s’agisse de la sortie de l’euro, du protectionnisme, de la stabilité politique de la France, etc. Certains indiquent qu’ils ne pourraient plus travailler ici. A eux seuls, ils emploient des centaines de milliers de salariés et il faut signaler que leur prise de parole, à quelques jours de la présidentielle, est exceptionnelle. Mais je peux vous dire aussi que beaucoup d’autres, contactés, n’ont pas voulu s’exprimer et qu’il y a un débat dans les milieux économiques. Parler ou ne pas parler. Sortir du bois ou ne pas sortir du bois. Non pas parce que le doute subsiste sur le fond, mais 1 – parce que les géants de l’économie française ont des salariés et des clients qui votent Marine Le Pen. Et 2 - parce que la question est de savoir si ce type d’expression est contre-productif ou pas alors que la candidate FN cherche à construire une opposition de classe entre le peuple et ce qu’elle appelle l’élite ou l’oligarchie financière. Dénoncer son projet, est-ce conforter sa vision même si aucun n’appelle à voter clairement en faveur d’Emmanuel Macron ?

Et donc, votre réponse ?

Les entreprises n’avaient bien sûr pas pris position entre Nicolas Sarkozy et François Hollande en 2012 ou entre Sarkozy et Ségolène Royal en 2007 malgré les approches économiques différentes des uns et des autres. Même en 1997, elles ne s’étaient pas vraiment exprimées contre les 35 heures, qui les concernaient pourtant, considérant que les urnes avaient parlé. Eh bien, ce silence passé donne du poids à leur parole aujourd’hui. Si elles estiment qu’il y a un danger, elles sont légitimes à le dire. Maintenant, on peut penser que leur parole aurait encore davantage de force si elles s’exprimaient régulièrement sur le fonctionnement de l’économie, y compris pour faire des mea culpa et reconnaître ce qui a mal fonctionné ces dernières années.

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