Ce matin : une catastrophe humanitaire et économique au Venezuela, qui ne doit pas laisser indifférents.

Chaque jour qui passe, chaque information qui vient de ce pays, chaque reportage inquiète et devrait nous inciter à ne pas parler de ce pays uniquement en miroir du soutien invraisemblable que lui apporte une partie de la gauche -celle de la France Insoumise notamment. C’est la situation dramatique de ce pays et de ses habitants qui doit attirer le regard. 

Bien sûr, il y a la macro-économie : hier, le président Maduro a quasiment doublé le salaire minimum, il y avait déjà eu une hausse début mars, un salaire minimum mensuel qui permet juste d’acheter un poulet de deux kilos, mais qui est à mettre en face d’une inflation que le Fonds monétaire international estime cette année à 13.000 %. Il y a dix jours, le FMI indiquait que la crise venezuelienne est l’une des plus graves de l’économie moderne, avec un PIB qui a perdu la moitié de sa valeur en cinq ans. 

Mais au fond ces données-là nous parlent peu, face à celles-ci : 17% des enfants seraient sous-alimentés, selon des ONG, un peuple entier a faim, les maladies contagieuses reviennent, près d’un million d’habitants ont émigré, ont quitté le pays en deux ans, selon un organisme international tout à fait officiel, et cela continue à un rythme effrayant et totalement extraordinaire pour un pays qui n’est pas en guerre. Des milliers de personnes se pressent chaque jour aux frontières, vers la Colombie et le Chili. 

Signalons ici une série de reportages intéressante et précise qu’a publiée notre confrère La Croix la semaine dernière.

Que peut-il se passer ?

Plus la chute de ce régime sera rapide, mieux cela sera. Une présidentielle est prévue le 20 mai, mais l’opposition, qui a gagné les dernières élections parlementaires, n’en attend rien. Toutes les décisions des députés sont annulées par une Cour constitutionnelle proche du successeur de Chavez. 

Le pays, qui dispose de 18% des réserves mondiales de pétrole, a perdu toutes les compétences pour l’extraire, et la production chute de jour en jour. Il est surtout mal géré. La Russie et la Chine ont prêté de l’argent mais même eux s’impatientent. Bref, c’est une question de semaines ou de mois, mais le socialisme révolutionnaire aussi suffisant qu'insuffisant va une nouvelle fois s’écrouler, hélas après avoir fait beaucoup de victimes.

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