Bruno Le Maire reçoit ce matin le patron du Medef pour lui demander de faire quelques efforts…

Oui Geoffroy Roux de Bézieux avait ironisé sur cet exercice, à ce micro mardi. Demander au patronat une liste de hausses d’impôts, ce n’est pas banal. Mais il faut dire que le ministre des Finances sèche un peu. Bruno Le Maire s’était déjà engagé au début du quinquennat à raboter les niches des entreprises de 5 milliards d’euros. Mais à chaque ballon d’essai, il s’est heurté à un mur d’oppositions, comme sur la TVA restauration. L’an dernier, le gouvernement avait finalement supprimé l’avantage fiscal sur le gazole dans l’industrie et le BTP. Avant de rétropédaler quand la taxe carbone a été abandonnée. Mais voilà, Emmanuel Macron veut que les entreprises contribuent à la baisse d’impôt sur le revenu, il faut donc remettre l’ouvrage sur le métier. Et croyez-moi, ce n’est pas de gaieté de cœur pour les ministres de Bercy.

Combien les entreprises vont-elles devoir rendre ?

Edouard Philippe a semé le trouble en affirmant que les 5 milliards pour les ménages seraient « surtout » financés par les niches. Bruno Le Maire devrait rassurer le Medef ce matin : le quantum sera plus proche de 1 à 2 milliards. On reparle du tarif préférentiel sur le gazole, qui pourrait être revu mais par étapes cette fois. Un plafonnement plus strict des avantages sur le mécénat est aussi évoqué. Pas question en revanche de relancer des polémiques sur les taux réduits de TVA. Il ne faut donc pas compter sur des 100 et des 1000.    

Gérald Darmanin dit pourtant : «  on a beaucoup aidé les entreprises, c’est à elles de servir l’intérêt général »…

Oui mais ça devrait se traduire par autre chose que des taxes. On peut inciter les entreprises à faire davantage pour la formation, l’apprentissage des jeunes, l’emploi des seniors – les employeurs sont très en retard, le Medef le reconnaît. L’Etat devrait aussi conditionner davantage certaines aides, instaurer un bonus-malus contre l’emploi précaire.

Après, faire le ménage dans les niches, pourquoi pas ? Mais à condition de maintenir le cap de la baisse des prélèvements. Or, là-dessus, c’est flou. Emmanuel Macron a réaffirmé l’objectif d’un taux d’imposition des bénéfices ramené à 25% en 2022. Mais pour l’instant, la baisse est en stand bye. Quant au « Pacte productif » promis pour aller vers le plein emploi, il reste une coquille vide. Et c’est bien dommage.

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