**Les résultats de Canal+ ont été publiés hier, et ils tranchent par rapport à ceux de ses concurrents privés TF1 ou M6.Oui, parce que la crise donne l’impression d’être passée sans laisser de trace sur les comptes de la filiale audiovisuelle du groupe Vivendi, qui contrôle aussi SFR et Universal Music. Alors que les recettes publicitaires ont plongé, le chiffre d’affaires de Canal+ a légèrement augmenté et son bénéfice, qui avait déjà grimpé de 42% en 2008, a encore grignoté 15% l’an dernier quand il a régressé chez TF1 et patiné chez M6. Le groupe Canal+, c’est un chiffre d’affaires deux fois plus important que celui de TF1 et de France Télévisions et presque quatre fois plus que celui de M6. Ces résultats étaient inimaginables il y a sept ans, quand le patron Bertrand Meheut a pris les commandes du groupe. Canal perdait de l’argent, et son modèle semblait périmé. Depuis, il a gagné plus de trois millions d’abonnés – il y en a près de 11 millions aujourd’hui. Je ferme le ban des chiffres. Quelles sont les recettes du succès ?Ces recettes, - attention il ne s’agit pas seulement de la chaîne amirale mais aussi de toutes les chaînes thématiques du groupe et de CanalSat – ces recettes sont celles de toutes les chaînes payantes, qu’elles s’appellent DirectTV, BskyB ou Canal+. C’est le pari gagnant de la télévision payante. La mode est au tout gratuit, sur Internet, sur la TNT. Et pourtant, le payant fait de la résistance grâce à ses contenus. Canal s’est construit une ligne éditoriale avec le sport, en achetant les droits de diffusion de la Ligue 1 de football – sauf le match du samedi soir. Et avec le cinéma, les fictions. Tout cela va au-delà des « Guignols » et du « Petit journal ». En clair, il y a deux modèles : les chaînes généralistes, qui gèrent de l’audience, les télés payantes, qui gèrent des clients. Et la crise montre que les clients sont plutôt fidèles, les Français sacrifient davantage le restaurant que leur petit écran même s’il est payant, pourvu qu’il offre de la valeur ajoutée. Aucune zone d’ombre, donc, pour Canal+ ?Même les concurrents ont du mal à trouver la faille ! A moyen terme, le marché de la télé payante a un potentiel pour les classes moyennes des pays émergents, où le satellite est la voie d’acheminement la plus facile. Alors, quelles limites ? La question reste de savoir si Canal a fait le plein de ses clients, on ne sait pas par exemple si le nombre d’abonnés progresse encore en France. Si, aussi, les box ADSL à 29,90 euros, si la VOD – les films sur catalogue livrés par les box internet - , si demain la fibre optique, si Orange, si tout cela ne va pas finir par faire une concurrence menaçante. Et puis, les modes, les technologies vont vite, M6 par exemple a pris la main sur la catch up TV, la TV de rattrapage en quelques mois. ...un chiffre résume en tous cas l’importance du marché de la télévision…Jean Viard, un sociologue du CNRS, a fait un calcul que tous les auditeurs vont retenir. Les Français vivent en moyenne 700.000 heures, et sur ces 700.000 heures, ils en passent en moyenne 100.000 devant le petit écran, bien plus qu’au travail. Sans compter l’ordinateur et autres smart-phones. 100.000 heures, cela laisse rêveur. Faut-il s’en réjouir ? Je ne sais pas !**

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