Vous nous emmenez apparemment loin de la politique : la planète économique a les yeux braqués aujourd’hui sur une introduction en Bourse.

Il s’agit de l’entrée en Bourse à New York de Snapchat, une de ces entreprises du Web nées hier ou avant-hier, qui poussent comme des champignons, valent des fortunes et donc rendent milliardaires des jeunes de moins de 30 ans. Tous nos auditeurs ne connaissent pas Snapchat mais leurs enfants ou petits-enfants l’utilisent peut-être chaque jour. C’est une application sur mobile qui permet de partager des photos ou vidéos, la particularité étant que ce qui est envoyé se détruit au bout de dix secondes, ce qui donne une grande liberté. Mais il y aussi des mini-JT, des résumés de l’actualité. Bref, cette application compte 160 millions d’utilisateurs, surtout des 15-24 ans. Et si tout le monde surveille de près l’arrivée à Wall Street de cette start up, c’est que les sommes dont on parle sont records pour une société qui perd de l’argent et que l’on se demande si tout cela est n’importe quoi, s’il s’agit d’une bulle qui va exploser. Pour vous donner une idée, il y a trois ans, Facebook a proposé au fondateur de Snapchat (24 ans à l’époque) de le racheter pour trois milliards de dollars, celui-ci a refusé, jugeant le prix insuffisant. Il a raison puisque son entreprise vaut autour de 20 milliards de dollars.

Mais dites-vous, il y a un lien avec la politique quand même.

Ce monde numérique n’est pas étranger à ce que nous vivons. D’abord, les responsables politiques connaissent et utilisent Facebook ou Twitter mais mesurent mal -comme nous les médias classiques, nous mesurons mal- cette activité sociale de commentaires, d’échanges, d’enthousiasme et d’acidité de SnapChat, WeChat, Instagram et bien d’autres réseaux sociaux par lesquels passent l’information. Ensuite, le numérique est le terrain sur lequel le zapping est le plus facile et le plus pratiqué, une appli à succès, un service, en chassent d’autres en trois jours, en trois mois. Pour la génération des millennials, ceux nés juste avant ou avec le millénaire, l’ancienneté n’est plus une valeur, mais la nouveauté, tout le temps, l’est. N’est-ce pas ce que nous vivons en politique ? Les personnalités ou les idées neuves sont a priori bonnes. Enfin, SnapChat et d’autres ont érigé en principes absolus non seulement l’immédiateté mais aussi la possibilité d’effacer. Bref, le dégagisme. Des coïncidences ne font pas des causalités, mais c’est troublant

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