Vous nous apportez une bonne nouvelle ce matin : on rouvre des usines en France.

Nous sommes bien loin -et c'est tant mieux- de cette période où un grand patron français, Serge Tchuruk, alors à la tête d’Alcatel, prévoyait une France sans usines et s’en réjouissait presque parce que l’avenir était soi-disant aux services – c’était au tournant des années 2000. 

Des usines, nous en voulons et la bonne nouvelle, effectivement, est que 2017 a marqué un virage par rapport aux dix années précédentes. Selon les données publiées ce matin par l’Observatoire Trendeo dans Les Echos, il s’est ouvert davantage d’usines en France l’année dernière qu’il ne s’en est fermées, et donc pour la première fois depuis 2008. 100 sites industriels ont fermé tandis que 125 ont ouvert. 

Cette inflexion est un des signes concrets, comme les créations d’emplois, de la reprise économique. En milieu de semaine, on a également appris que la croissance s’était finalement élevée à 2% l’an dernier, un peu mieux que prévu. 

Alors, bien évidemment, cette information ne redonnera pas le sourire aux 235 ouvriers de l’usine Tupperware de Tours qui a fermé définitivement ses portes mercredi ni à ceux de l’usine Ford de Blanquefort, en Gironde, qui ont appris mardi que le constructeur américain stoppe tout investissement sur le site. Un millier de salariés sont concernés. Et naturellement, le bilan sur longue période reste gris : la France a perdu près de 600 usines depuis 2009. 

Mais quand on observe les excellents résultats annoncés par Renault et PSA -hier-, on a quelques éléments qui nous permettent d'espérer que le déclin industriel est peut-être stoppé. On aimerait pouvoir dire que c’est structurel et non pas seulement lié à la meilleure conjoncture économique, mais c’est encore trop tôt pour l’affirmer.

Ce coin de ciel bleu touche y compris le Nord de la France.

Oui, il faut se pincer pour entendre ceci : l'an dernier, les Hauts-de-France sont arrivés en tête des créations d’emplois industriels en France, avec un solde positif de 2.000 postes. 

C’est dans cette région que se sont créés le plus d’emplois industriels, notamment dans l’automobile -et on sait que Toyota a prévu d’assembler un second modèle après la Yaris près de Valenciennes. Mais il y a aussi les tracteurs de Massey Ferguson à Beauvais, de la chimie à Dunkerque et ailleurs, ou encore Dassault à Seclin. 

La région pilotée par Xavier Bertrand, qui milite ardemment pour créer une zone franche à Calais pour profiter du Brexit, cette région redresse la tête. L'industrie à nouveau bienvenue chez les Cht'is : c'est un pied heureux de nez à la fatalité !

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