La crise sanitaire montre une fois de plus, après Fukushima, les dégâts de la politique des flux tendus et du zéro stock dans les chaînes de production des entreprises.

Quelles sont les conséquences industrielles du Coronavirus pour les entreprises ?
Quelles sont les conséquences industrielles du Coronavirus pour les entreprises ? © Getty / picture alliance

On parle beaucoup de la façon dont les entreprises s’organisent pour appliquer le principe de précaution avec leurs salariés : c’est le grand moment des DRH ! Naturellement, les prévisions faites hier dans le JDD par un ancien directeur de la santé selon lesquelles l’épidémie pourrait toucher 5 à 10 millions d’entre nous, ces prévisions mettent l’économie en alerte (et pas seulement le système de santé). 

Mais pour les entreprises, il y a une leçon déjà immédiate à tirer et elle aurait déjà dû l’être après Fukushima en 2011. Le zéro stock dans les circuits de production devient un problème. 

Le zéro stock : de quoi parle-t-on ? 

Depuis 20 ans, on le sait, les chaînes de production se sont allongées partout, les composants d’une voiture, d’un téléphone, de beaucoup de produits, viennent de et parcourent le monde entier. C’est connu. Mais cela s’est accompagné de la disparition des stocks dans les circuits de production : c’est le flux tendu pour faire des économies et baisser les prix. Or, c’est une difficulté. Le moindre grain de sable quelque part enraye la machine. 

En 2011, la tech mondiale avait calé parce que les usines japonaises avaient fermé. L’arrêt des usines en Chine peut et va bloquer les usines ici. Il va falloir réviser cette façon de faire. A court terme aussi, les entreprises, en France, ont tout intérêt à constituer des stocks si la pandémie dure. Bref, la religion du zéro stock doit être abandonnée et les chaînes logistiques revues. 

Et au-delà ? 

Le sujet Coronavirus allonge la pile des sujets qui questionnent l’économie : incompréhension quand les médicaments courants viennent tous de Chine et que la sauce tomate fait 4 fois le tour du monde, propagation des crises financières, lutte nécessaire contre le réchauffement. Cela a certes baissé les prix et augmenté le pouvoir d'achat chez nous, mais tout cela pousse aujourd’hui à une mondialisation différente. 

Anecdote révélatrice : l’OCDE présentera aujourd’hui à Paris à 11 heures ses prévisions économiques internationales -et elles sont inquiétantes- seulement par téléconférence pour cause de coronavirus.

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