La Commission européenne a officiellement lancé les travaux sur le passeport sanitaire. Qu'il s'agisse de cela ou du pass sanitaire à l'intérieur des frontières, c'est le seul moyen de rouvrir le pays et la vie dès que possible.

Ursula von der Leyen, sa présidente, a effectivement annoncé qu’elle présentera, avant la fin du moids, un texte législatif pour mettre en place, d'ici l’été, un passeport électronique individuel pour faciliter les déplacements en Europe. Le fait d’être vacciné, d’avoir déjà eu le Covid et donc d’avoir des anticorps, ou encore d’avoir fait récemment un test négatif, tout cela serait accessible sur votre smartphone. 

Cela ressemble comme un jumeau au pass sanitaire qu’Emmanuel Macron a évoqué en fin de semaine dernière, qui permettrait d’accéder à des activités, à des commerces, à des concerts en France. Certains pays se sont déjà lancés : ainsi, en Autriche, vous rentrez chez un coiffeur sur présentation d’un QRCode attestant que vous êtes négatif au Covid. 

Sur tout cela, une première réunion est prévue à l’Elysée cette semaine et on imagine que la version tricolore de ce pass pourrait s’appliquer autour de mai. Le point intéressant est qu'on mesure à ces différentes déclarations combien les esprits ont évolué en quelques semaines. 

Alors, est-ce normal qu’ils évoluent ? Oui ! Ces documents numériques, le pass ou le passeport sanitaire, vont-ils s'imposer ? Oui ! Est-ce une bonne idée ? Oui et re-oui ! Pourquoi ? Parce que les vraies privations de libertés, c’est le confinement, ce sont les attestations, c’est le couvre-feu, ce sont les fermetures des restaurants et des activités culturelles. 

Hors de France, la Grèce a été la première a réclamer un passeport sanitaire en Europe (on en avait parlé), elle a déjà conclu un accord avec Israël et négocierait en ce moment en douce avec le Royaume-Uni. L’Italie et l’Espagne ont suivi, bref tous les pays touristiques le réclament à leurs frontières, il n’y aucune raison que la France, première destination mondiale, n’y soit pas favorable. 

Naturellement, cela pose des questions : le secret des données, la précarité numérique etc. Mais des solutions existent. On notera que courageusement aucun parti politique ne s’est déclaré en faveur de ce pass en France. 

Mais il y a une condition. Elle saute aux yeux : la vaccination doit s’accélérer en Europe et en France. Dans deux à trois semaines, les livraisons deviendront massives et d’autres vaccins arriveront. Pour l’instant, la France a un vrai problème qui parait-il a mis Emmanuel Macron de méchante humeur en fin de  semaine dernière : seulement 57% des doses de vaccins reçues ont été pour l’instant utilisées. C’est vraiment trop peu.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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