La Grèce et les conséquences du référendum. Quels sont maintenant les scénarii possibles ?

Les scénarii sont flottants parce que les dirigeants européens sont tombés de leur chaise en apprenant cette décision. On les comprend. Consulter le peuple est une bonne idée (on l’a dit à ce micro), mais pas sans prévenir personne après des négociations d’une difficulté inouïe qui vont effacer des dettes de la Grèce et lui verser de l’argent. Furieux, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy n’ont pas invité George Papandréou à venir les rencontrer aujourd’hui, il est convoqué . Voilà ce qui lui sera dit : un référendum, mais pas en janvier-février, en décembre ; ensuite, une seule question est possible : « voulez-vous rester dans l’euro ? ». Paris et Berlin refusent une question tarabiscotée sur les modalités des aides ou l’austérité. Enfin, il sera rappelé que l’Irlande et le Portugal n’ont pas fait autant d’histoires.

Hypothèse numéro un : la Grèce accepte ces conditions et répond oui au référendum.

Si la réponse est oui à une question sur l’euro, l’accord de Bruxelles s’appliquera. Mais même là, il y plusieurs mais. Un : d’ici le référendum, tout est possible sur les marchés financiers y compris la contagion à l’Italie ou à la France. C’est pourquoi l’Elysée a comme priorité d’accélérer la mise en route du pare-feu anti-contagion, le FESF. Deuxième point : d’ici le vote, Paris et Berlin n’ont pas l’intention de verser d’argent. Trois : ce rebondissement va gâcher le G20 de Cannes parce que Washington et Pékin vont regarder l’Europe de haut et seront goguenards quand on leur parlera taxe sur les transactions financières ou réciprocité commerciale. Vous voyez, le meilleur scénario n’est pas rose.

Hypothèse numéro deux : la Grèce dit non aux conditions posées par les Européens, voire non à l’euro.

Si le référendum a lieu dans seulement trois mois, si le robinet européen est fermé ou si Athènes renonce carrément au plan de sauvetage, la Grèce cessera de bénéficier des dizaines de milliards d’euros qui lui permettent tout simplement de faire face à ses remboursements. Elle fera défaut et sortira de l’euro, avec une dévaluation massive. Les banques internationales s’en remettraient, mais pas les banques grecques. Des pays comme l’Argentine ont fait défaut il y a dix ans, mais c’est le saut dans l’inconnu. En tout cas, cette sortie de l’euro n’est plus taboue.

Qui est, finalement, responsable de ce gâchis ?

La lenteur et les exigences de l’Europe ; ceux qui ont fermé les yeux (banques) sur un faux miracle économique. Mais c’est d’abord la classe politique grecque qui a construit sur du sable, a menti, refuse le consensus, de réformer le pays. Pays qui vit dans l’illusion et la victimisation. Une anecdote. Il y a quelque temps, deux ministres, un Français, un Allemand rencontrent le président de l’Assemblée nationale grecque. Qui accueille l’envoyé de Berlin en lui lançant : « Voilà la Kommandantur qui vient contrôler ». Athènes est vraiment loin de la nouvelle Europe. Une Europe qui, depuis 2005, fait de moins en moins penser à Sisyphe, et de plus en plus à Charybde et Scylla.

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