Le journal Les Echos, a mis la main sur un rapport de l’Inspection des Finances très critique sur la gestion des organismes HLM.

L'organisation HLM dans le viseur de l'IGF
L'organisation HLM dans le viseur de l'IGF © AFP / PHILIPPE HUGUEN

C’est intéressant parce qu’il y a un vrai bras de fer entre le gouvernement et le monde HLM. 

Le premier demande aux organismes de diminuer les loyers des locataires pour que ces locataires ne soient pas pénalisés par la fameuse baisse des 60 euros par mois des APL (le chiffre de 5 euros a été dit à l’antenne par erreur et confusion – l’auteur de ces signes prie les auditeurs de bien vouloir l’en excuser) ».

Il juge que des économies sont possibles : les organismes ont 11 milliards d’euros de réserves. Lesquels organismes ont lancé une grande contre-offensive pour se défendre et expliquer que certains d'entre eux vont être très fragilisés. Le budget du Logement sera débattu aujourd’hui à l’Assemblée. Alors, que dit ce rapport de l’Inspection générale des Finances rédigé en 2015 mais non publié ? Que la gestion de ces organismes est franchement médiocre, à partir d'un examen,  d’une plongée dans cinq d’entre eux, à Marseille, Rennes, Montreuil, Laval et Champigny-sur-Marne. Hormis Rennes, qui collectionne les bons points, les procédures de contrôle sont mal respectées, il y a une inefficacité à résoudre les difficultés financières, il y a des indemnités de départ astronomiques pour des dirigeants, une masse salariale qui flambe et un absentéisme élevé. Avec des logements attribués à des membres des commissions d’attribution.

Et il y a des dysfonctionnements sur les HLM eux-mêmes.

Si les attributions de logements sociaux respectent plutôt les publics prioritaires, les raisons pour attribuer ces logements HLM à tel ou tel demandeur ne sont pas très claires, en tous cas l’IGF doute que l’égalité des chances soit respectée de A à Z. A Montreuil et Champigny-sur-Marne, par ailleurs, les surloyers qui doivent normalement être appliqués depuis 2009 aux locataires dont les revenus ont augmenté ne sont tout simplement … pas appliqués. Du coup, la situation financière dérive. L’IGF souligne aussi le peu d’entrain général à favoriser la mobilité des locataires lorsque leur situation change et qu’ils occupent un logement trop grand. Dans un pays où trois Français sur quatre sont éligibles à un logement social (ce qui est assez aberrant), cette absence de mobilité est un problème économique, social et tout simplement de justice.

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