Une solution a été trouvée ce week-end pour taxer les yachts et les signes ostentatoires de richesse.

Le gouvernement espère avoir trouvé une façon de mettre fin à la polémique lancée par la gauche mais aussi des personnalités d’En Marche. Les yachts, avions privés et autres objets de luxe ne seront pas intégrés dans le nouvel IFI, impôt sur la fortune immobilière car taxer des biens dits meubles avec un impôt sur les immeubles serait curieux. En revanche, seront relevés des impôts spécifiques sur les voitures très polluantes de grosse cylindrée et les gros bateaux : taxation des carburants, droits de port ou taxe annuelle de francisation, la DAFN. Voilà pour les faits. Ce qui est intéressant est de voir combien ce débat est symbolique, dans tous les sens du terme, sur le plan politique mais aussi économique. Sont immatriculés en France environ 3.000 bateaux de plus de 15 mètres, à moteur ou à voile, et la taxe qui serait relevée rapporte aujourd’hui … 8 millions d’euros. Rien à voir avec les milliards de l'ISF. On ne sait pas combien l’ISF actuel rapporte sur ces biens, mais cela ne doit pas être considérable. Et surtout, il y a seulement 34 voiliers de plus de 24 mètres en France et 45 bateaux à moteur de la même taille, dans la catégorie que l’on a tous dans la tête quand on pense aux yachts de grand luxe. Le débat politique est réel, et évidemment légitime, il est financièrement microscopique.

Quelle conclusion en tirer ?

Que les objets de luxe comme les navires sont une illustration parlante de ce qu’est la mobilité du capital. Ils vont où ils veulent. C’est infiniment moins facile à taxer que les immeubles, les entreprises etc. Sachez que rien qu’en 2016, plus de 700 grands yachts ont été achetés dans le monde. Comme il y a certainement plus de 100 Français qui pourraient s’offrir des bateaux de plus de vingt mètres, et que la France compte par ailleurs plusieurs ports de renommée mondiale, cela veut dire qu’un nombre certain de propriétaires français sont allés les installer ailleurs : Monaco, îles anglo-normandes, Grèce, Croatie etc. On peut ne pas être du tout fascinés par ces bateaux, ces signes de luxe inaccessibles à nous tous (enfin moi c’est sûr), mais cette mobilité du capital est une réalité. C’est la démonstration sans doute malheureuse mais bien réelle que trop d’impôt tue l’impôt quand il n’y a plus rien à taxer.

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