Vous revenez sur les conditions financières du départ de Michel Combes, l'ancien dirigeant d'Alcatel-Lucent.

Oui, parce qu'un élément nouveau a surgi hier. Cet élément nouveau, ce sont les doutes exprimés par l'Autorité des Marchés Financiers sur la régularité des 4,2 millions d'actions et de stock-options qui lui ont été attribuées pour une valeur actuelle de près 14 millions d'euros. Les réserves exprimées par l'AMF fragilisent la situation de Michel Combes davantage que les autres critiques. Parce qu'elles viennent du monde des affaires lui-même et du gendarme de la Bourse. Pourquoi est-ce plus important que les propos des responsables politiques ? Parce que les politiques sont, sur ces sujets, faux-cul (si vous me permettez). Leur levier d'action, leur responsabilité, c'est la fiscalité ; rien de plus, rien de moins ; si le gouvernement a supprimé sa taxe à 75 %, c'est bien qu'il considère qu'il y a un prix élevé des patrons ; si la loi Macron a facilité la distribution d'actions gratuites, c'est qu'elle les juge utiles. Quant à l'opinion, quels que soient les montants, elle est forcément scandalisée à un demi, à un, à deux ou plus de millions d’euros, et c'est compréhensible. Il y a près de quarante ans, elle l'avait été (scandalisée) quand Le Canard Enchaîné avait révélé le salaire de Jacques Calvet, chez Peugeot ; ce salaire n'avait pourtant rien à voir avec ceux d'aujourd'hui. Oui, ces sommes sont considérables, sont démesurées, et dans le monde entier. Mais la vraie question dans l'immédiat ici est la façon dont le package, forme et montant, a été peut-être décidée en catimini et au-delà du raisonnable. Si les instances patronnales et l’AMF désapprouvent, Michel Combe devra y renoncer.

On entend aussi que la cession d'Alcatel à Nokia rend indécent toute récompense…

Là, c'est n'importe quoi ! Quand il est arrivé à la tête d'Alcatel en 2013, le groupe qui avait quand même raté auparavant le virage du mobile, était au fond du trou et ne valait plus grand-chose -en dépit de la qualité de ses ingénieurs. Certes, l'entreprise s'est séparée de 600 personnes en France, mais elle compte encore 50.000 salariés et a un avenir, avec Nokia y compris.

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