Le marché de l’immobilier va mieux et, cette fois, cela semble vrai...! Merci qui ?

Oui, cela va mieux parce que sont désormais publiques des données qui confirment le retournement positif du marché après presque de dix ans de sinistrose. Hier, on a ainsi appris que les ventes de logements neufs ont fait un bond spectaculaire depuis le début de l’année, de plus de 20%. Sur un marché plus significatif parce que bien plus gros, celui de l’ancien, on s’attend à 830.000 transactions cette année, un plus haut depuis 2007. Comme les prix sont globalement stables en ce moment, tous les professionnels vous disent : c’est le moment d’acheter, dépêchez-vous cela ne durera pas. C’est ce qu’ils disent actuellement avec tambours, trompettes et porte-clés. Mais comme je ne suis pas Mme Soleil et que je n’ai rien à vous vendre, je ne me lancerai pas dans des pronostics. Seule chose certaine : la conjoncture est meilleure pour les acheteurs.

Meilleure, mais grâce à qui ?

Oui, merci qui ? Le paradoxe est que les responsables de l’amélioration de la situation de l’immobilier sont les deux institutions les plus détestées de France, et que personne ne remerciera jamais : l’Europe et la finance. C’est en effet la baisse des taux d’intérêt qui change totalement la donne pour les emprunteurs. Les taux pour emprunter dépassaient les 5% en 2008, ils tournent de 1-1,5% aujourd’hui, au plus bas depuis les années 1940. Cinq fois moins, ce sont des dizaines de milliers d’euros économisés pour des emprunts longs. Et les taux sont bas parce que la Banque centrale européenne installée à Francfort, la seule institution fédérale de l’Europe, la BCE si souvent critiquée, a une politique de crédit facile. Politique répercutée par les banques qui en sont les premières victimes puisque cela écrase leurs marges encore plus que Mammouth écrasait les prix. Donc, on ne peut qu’encourager le FN et le Front de gauche et tutti quanti à brûler des cierges pour la BCE et nos banques.

Cela étant, cette embellie ne règle pas définitivement la situation.

Non, parce que les prix des logements restent outrageusement élevés par rapport aux revenus dans les grandes villes, surtout pour les jeunes. La difficulté reste que la vitalité démographique française, la hausse de l’espérance de vie et les divorces augmentent chaque année le besoin en logements de plusieurs centaines de milliers et que la solution miracle pour y répondre n’a toujours pas été trouvée. Nous n’avons donc pas fini de lire des Unes de magazine sur le sujet.

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