Le mois de septembre est traditionnellement celui du Budget. Mais chut, il ne faut pas le dire ?

Gérard Darmanin arrive à l'Elysée
Gérard Darmanin arrive à l'Elysée © Maxppp / Yonn Valat

Le projet de loi de finances pour 2020 sera présenté officiellement le 25 septembre, les derniers arbitrages sont en cours, mais le gouvernement, une nouvelle fois, veut en faire un non-événement. Il en parlera peu et ça, Emmanuel Macron l’a théorisé dès son élection : le Budget pour lui est un sujet ennuyeux, anxiogène puisque les comptes publics sont dans le rouge depuis 40 ans. Cela n’intéresse pas grand monde – hormis quelques spécialistes grisâtres enchaînés à leurs tableaux Excel, et je me range dans cette catégorie ! 

En 2017, le gouvernement s’était débrouillé pour enserrer la présentation du Budget entre l’annonce de cinq réformes plus médiatiques ; l’année dernière, l’affaire du prélèvement à la source de l’impôt était tombé à pic. Eh bien, cette année, les retraites vont jouer ce rôle, avec un seul message sur le Budget : la baisse de l’impôt sur le revenu pour les ménages modestes à hauteur de 5 milliards d’euros. 

Pour le reste, ce sera de la politique. C’était amusant à l’Université d’été du Medef la semaine dernière. Mercredi, Bruno Le Maire confirme les allègements de cotisations sociales pour les entreprises ; Jeudi, Gérald Darmanin, aux comptes publics, choisit une autre ligne, il invite haut et fort les patrons à ne pas se montrer égoïstes, à ne pas être trop gourmands, et surtout, il le fait largement savoir, il le répète le vendredi dans les médias – façon de marteler l’acte 2 du quinquennat, plus proche des Français. 

La com' sera moins sur la compétitivité, et plus sur les crédits éducation et police, qui augmenteront. 

Mais que dit votre tableau Excel ?

 Il dit qu’Emmanuel Macron a renoncé à faire évoluer les effectifs des fonctionnaires comme il l’avait dit en 2017 et que cela se verra dans ce Budget (sur les fonctions d’Etat, la France est à peu près au même niveau que ses voisins).

Il dit que certaines économies sont encore en balance, et qu’on ne sait pas lesquelles. 

Il dit que la première étape de la suppression de la taxe d’habitation pour les 20% les plus aisés n’aura pas lieu l’an prochain, mais en 2021.

Il dit enfin que le déficit public sera calé autour de 2% du PIB, que le chiffre exact n’est pas encore connu, que tout le monde a l'air de s'en moquer totalement mais que la crédibilité de la France en Europe en dépendra quand même.

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