L'édito éco de Jean-marc Vittori, du quotidien Les Echos. Une question simple pour commencer: comment va l'économie française et mondiale? A question simple, réponse brève: c'est moins pire. Signes encourageants d'abord aux Etats-Unis, qui reste la première économie mondiale. Vendredi dernier, le ministère américain du commerce a publié les chiffres de la production aux Etats-Unis au deuxième trimestre. Ca recule encore, mais beaucoup moins. Le PNB a diminué de 0,3% après avoir dévissé de 1,6% au premier trimestre et de 1,4% au dernier trimestre 2008. Le conseiller économique de Barack Obama, le très influent Larry Summers, a d'ailleurs déclaré hier que l'activité pourrait redémarrer dès la seconde moitié de l'année. Et puis il y a aussi des signes encourageants du côté de l'immobilier. Les prix des maisons ont monté en mai pour la première fois depuis trois ans. Or l'incroyable tornade économique et financière que nous avons vue ces deux dernières années s'est formée à partir de la chute des prix immobiliers aux Etats-Unis. Et en France? Il faut attendre encore dix jours pour connaître les chiffres de l'activité, mesurée par le PIB, au deuxième trimestre. Mais petit rappel pour ceux qui étaient en vacances le mois dernier, il y a eu des chiffres moins noirs: un rebond de la consommation en juin, et aussi un petit reflux du chômage. Et puis les grandes entreprises ont publié leurs résultats pour le deuxième trimestre. Alors bien sûr, il y a des pertes spectaculaires, comme dans l'automobile . Mais les groupes ont réussi à atteindre leur objectif absolument prioritaire depuis la tornade financière de l'automne dernier: préserver le cash flow, avoir assez d'argent en caisse pour payer les salariés et les fournisseurs sans dépendre des banquiers ou des marchés financiers. La crise est finie, alors? C'est hélas bien trop tôt pour le dire. En réalité, l'économie est en quelque sorte à la plage. Je m'explique: fin 2008-début 2009, l'activité a dégringolé avec une terrible brutalité. Les courbes de production ont pris la forme d'une falaise. Aujourd'hui, on est en bas de cette falaise, sur la plage. La courbe de l'activité descend un peu au lieu de descendre beaucoup et c'est donc moins pire qu'avant. Le problème, c'est que la production est bien plus basse qu'il y a un an. Les entreprises vont devoir adapter leur outil de production à ce nouveau paysage. C'est-à-dire réduire leurs effectifs et leurs investissements. Air France, qui subit la chute de son trafic depuis plus de six mois, devrait par exemple annoncer un plan social à la rentrée. Et au bout du compte, la montée du chômage va peser sur le pouvoir d'achat et la consommation. Vous n'allez tout de même pas nous parler de crise tout l'été! Non, promis-juré. A ce micro vendredi dernier, mon confrère Dominique Seux a promis de ne pas parler de crise pendant ses vacances en famille. Moi, je m'engage devant la grande famille des auditeurs de France Inter à ne pas employer une seule fois le mot crise de tout le mois. Mais vu la situation, je ne peux pas promettre de raconter la vie en rose. L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin disait qu'en politique, la route est droite mais la pente est rude. Eh bien, en économie, la route est pleine de virages et la pente de la reprise sera très, très douce.

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