Le gouvernement dévoile sa nouvelle stratégie budgétaire post-Gilets Jaunes.

Chaque année au printemps, tous les gouvernements européens envoient à Bruxelles leurs scénarios pour les finances publiques. Cela permet à tous nos partenaires de savoir où on va, et réciproquement. 

Eh bien, ces prévisions, que dévoilent Bruno Le Maire et Gérald Darmanin dans Les Echos ce matin, montrent une inflexion, ou si vous voulez un coloriage en jaune. 

-La première information est qu’Emmanuel Macron renonce à l’équilibre budgétaire à la fin de son quinquennat, en 2022. La faute à la croissance moins forte que prévu (1,4% par an d’ici là y compris cette année au lieu de 1,7%), mais aussi aux 10 milliards lâchés en décembre. 

-La deuxième information est que le gouvernement ne va pas faire le forcing sur les économies dans les dépenses et sur la réduction de la dette publique. En 2022, elle représenterait encore 97% de la richesse nationale. Manifestement, le pari est que la future Commission post- européennes sera souple. 

- En revanche, et c’est la troisième information, la baisse des impôts sera amplifiée. Par rapport à ce que l’on savait déjà, c’est l’abandon acté du relèvement de la taxe carbone normalement prévu en 2019, 2020 et années suivantes, qui change le plus la donne fiscale. En clair les prix des carburants n’augmenteront pas à cause de la taxe carbone. 

Alors une non-hausse n’est pas une baisse, me direz-vous. Vous aurez raison, ce qui confirme vos talents en calcul. Mais les deux ministres confirment que la taxe d’habitation sera supprimée pour tout le monde, en deux ou trois ans, avec une dernière étape en octobre 2022. 

Et puis, il y a les idées nouvelles … Gérald Darmanin défend l’idée d’une suppression de la redevance télé, mais ce n’est pas ce qui a le plus le vent en poupe. Ce qui a le plus le vent en poupe, c’est une diminution de l’impôt sur le revenu sur les premières tranches, pour les premières classes moyennes. Le nombre de contribuables à cet impôt, qui est déjà au plus bas de l’histoire (45%) diminuerait donc encore, et tant pis comme toujours pour les classes moyennes dites supérieures, ni très riches ni très moyennes. 

Relevons enfin pour l'amuse-bouche une petite phrase du ministre des comptes publics qui sera commenté autour de la machine à café dans la fonction publique : le gouvernement va rendre obligatoire les 35 heures pour les fonctionnaires. A entendre au 1er, deuxième et troisième degré.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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