L'Etat a mis du temps à identifier les filières efficaces pour se procurer des masques, des tests et des respirateurs.

On parle ici de la façon dont l’Etat s’est organisé pour trouver, acheter, réquisitionner, des masques de protection, des tests, des respirateurs, des médicaments qui manquent, tous produits à chercher en France et dans le monde entier. 

Y-a-t-il eu du retard à l’allumage dans la compréhension de l’ampleur de la crise sanitaire et dans la réaction ? Des commissions d’enquête se pencheront sur la question, et se prononceront à partir de ce que l’on savait en janvier-février et pas seulement à partir de ce que l’on sait, maintenant, en avril. 

Mais un point apparaît clairement : les pouvoirs publics, les administrations, n’étaient pas au départ, ne sont peut-être encore totalement, outillés pour répondre à un besoin incroyable de matériels sur le plan -tout simplement- logistique. C’est ce que disent beaucoup d’interlocuteurs privés et publics de la cellule de coordination mise en place début mars. 

Dans la réponse qu’a faite le ministère de la Santé à Médiapart publiée hier, on lit que cette cellule compte moins de 40 personnes. Cela veut dire qu’on compte sur les doigts d’une main ceux qui, depuis un mois, cherchent pour les uns des masques, pour les autres des respirateurs, pour les troisièmes des tests. C’est peu. 

Ces équipes, de plus, n’avaient pas beaucoup de réseaux, ne savaient par exemple pas qui, en Chine, au Vietnam, à Singapour, aux Etats-Unis, disposaient de matériels disponibles. C’est ce qu’on appelle, dans les entreprises, le sourcing, la politique d’achats, or c’est un métier de professionnels. 

Des groupes mondiaux, L’Air Liquide, LVMH, Valéo, PSA, Airbus ont ouvert leurs carnets d’adresse et des PME sont à fond. Mais il a fallu, il y a dix jours, qu’un décret les autorise à importer pour que les choses se débloquent. Bercy a dû créer en urgence sa cellule de sourcing, il y a dix jours aussi. 

Tout cela, ce n’est pas de la politique, ce n’est pas idéologique, c’est du concret. Bref, l’inexpérience était sans doute normale mais elle a été problématique.

C’est réglé ?

Cela va mieux semble-t-il. Mais l’autre difficulté est d’identifier les vrais besoins et les prévisions en matière médicale ne sont en ce moment pas de meilleure qualité qu’en matière économique. C’est vous dire, et croyez-moi je m’y connais !

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