L’objectif de l’éducation n’est bien sûr pas seulement de préparer à l’emploi, mais il est aussi (malgré tout) de développer des compétences qui permettront de trouver un emploi. Tout cela dans une économie très compétitive. La performance du système éducatif est donc essentielle, notamment dans les trois domaines évalués par l’enquête PISA : les mathématiques, les sciences et la compréhension de l’écrit. Or, on le sait, la France, recule depuis une dizaine d’années - on verra si c’est encore le cas ce matin. Et on le sait aussi, elle se caractérise par une très grande inégalité des chances. Ce qui est qui est à la fois une honte et fort de café quand on pense au discours un brin moralisateur et auto-satisfait d’un certain nombre d’acteurs qui n’ont que le mot d’égalité à la bouche. Tout cela regarde naturellement de près l’économie, et sur trois terrains.

Le premier : la France ne peut se contenter d’avoir des résultats dans la moyenne.

Quand on regarde le classement (dont la méthode est désormais acceptée partout), la France se situe depuis des années entre la quinzième et la vingtième place parmi les trente-quatre pays développés qui appartiennent à l’OCDE. Et entre la vingtième et la trentième parmi la soixantaine de pays qui participent à cette enquête élargie. Bref, au milieu. Alors, on peut être tenté de se dire que la moyenne, c’est bien et que la situation est moins dramatique que l’on entend parfois – et c’est vrai ; mais la vérité oblige à dire qu’un pays qui est la cinquième puissance économique mondiale ne peut pas se contenter d’être moyen et cela dans un monde où le savoir est la clé. La dégradation ou la stabilisation à un niveau moyen sont en réalité mauvais parce nous avons besoin de mieux. A noter que les pays asiatiques sont les plus performants.

Deuxième point : l’économie a besoin que tout le monde soit formé et bien formé.

C’était déjà le cas lors du classement de 2009 (on verra si cela se confirme), mais la corrélation, le lien, entre milieu social, origine ethnique et résultats est très marqué en France - plus qu’ailleurs. En clair, le système français est inégalitaire, ce qui est un comble quand on considère ce qu’il promet et que la scolarisation est plus précoce qu’ailleurs. Nous offrons aux meilleurs élèves l’un des meilleurs systèmes au monde, celui de Singapour ou de la Finlande, et aux plus défavorisés, par exemple ceux issus de l’immigration, ce qui est proposé au Pérou ou au Brésil. La conséquence est que chacun a des grands discours mais la baisse de confiance dans le système est telle que pour ses propres enfants, chacun fuit le système. C’est inacceptable socialement et économiquement, puisque l’insertion dans l’emploi devient impossible.

Dernier point : l’économie a quelque chose à dire sur les causes de ces difficultés.

La France dépense plus d’argent que ses voisins pour l’éducation. De toute évidence, les programmes, les méthodes pédagogiques doivent être revus mais la priorité est de reconnaître ce qui ne va pas et que ce n’est pas qu’une question de moyens.

Pour aller + loin

> Etude Pisa sur les résultats des élèves : Vincent Peillon promet le pire

Les liens

Le blog de Dominique Seux

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.