Cette nouvelle ligne de fracture, c’est l’opposition entre pragmatiques et politiques. Elle perce, elle monte, elle finira peut-être par exploser au sein du gouvernement, avec la majorité. C’est une fracture sur la micro-économie. On connaissait l’opposition entre deux gauches sur la macro-économie : d’un côté François Hollande et Manuel Valls, qui ont opéré un virage vers la compétitivité de l’économie ; de l’autre les frondeurs, + Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, pour qui c’est la consommation qu’il faut soutenir et pour qui, du déficit en plus, ce n’est pas grave quand l’Etat emprunte à moins de 1%. On connaissait cette fracture, il y en a donc une autre, sur l’économie concrète. François Hollande et Manuel Valls vont devoir choisir.

Et le premier clivage porte sur le travail du dimanche.Le projet de loi que présentera bientôt Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie, prévoit de relever de 5 à 12 le nombre d’ouvertures de magasins le dimanche que pourra autoriser un maire chaque année. Plus la création de zones touristiques exceptionnelles, comme les champs Elysées et le quartier des grands magasins à Paris. Laurent Fabius a encore appuyé hier l’initiative. Mais en face, vous aviez ici hier matin Bruno Le Roux, le patron des députés PS, qui a dit niet : 12, pas question, ce sera moins. Le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis propose, lui, le quasi statu quo. Anne Hidalgo, maire de Paris, refuse davantage d’ouverture des grands magasins. Premier sujet.

Second sujet : la pénibilité.

Nouveau bras de fer. Deux ministres, Emmanuel Macron et Thierry Mandon, chargé des simplifications administratives, ont dit qu’il faudra ajuster le dispositif ubuesque mis en place pour que les entreprises mesurent les facteurs d’exposition à des métiers pénibles. Mais pour Marisol Touraine, ministre des affaires sociales, et Cambadélis encore, pas question d’y toucher. Second sujet.

Et donc, cette opposition entre pragmatiques et politiques ?

Les plus raides sur ces sujets sont les responsables dont le parcours personnel a été exclusivement –pas principalement, exclusivement- politique. Leurs liens avec l’économie, on ne parle pas de l’entreprise, sont très faibles ou nuls. Cambadélis, Le Roux, Touraine, Hildalgo, ont suivi des ascensions au sein du PS. Ils sont ou ont été des élus locaux, mais leur appréhension de l’économie nationale est d’abord politique. Macron et Mandon ont des parcours plus diversifiés, plus ouverts. Ils comprennent que quand les chinois trouvent les magasins fermés le dimanche, ils n’attendent pas le mardi et vont à Londres.

Le cas de Laurent Fabius est singulier ?

Voilà un homme qui a fait toute sa carrière dans la politique, qui est ministre des affaires étrangères, mais s’est pris de passion depuis deux ans pour les sujets concrets. C’est lui qui veille personnellement à ce que les panneaux d’informations pour touristes soient harmonisés dans les gares, aéroports et les métros et qui annoncé hier que le million de touristes chinois qui viennent en France chaque année recevront dès le 1er janvier un message de bienvenu en chinois sur leur téléphone portable. Eh bien, il a raison !

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