La planète économique va avoir aujourd'hui le regard rivé sur l'action de la Banque centrale européenne.

Oui, Mario Draghi, le patron de la BCE, va annoncer de nouvelles mesures pour amplifier la croissance et l'inflation. Il faut dire que les résultats de la politique menée depuis un an ne sont pas nuls mais ne sont pas formidables non plus. Quelle est cette politique ? Les banquiers de Francfort préféreraient s'étouffer avec 50 kilos de billets dans la bouche plutôt que de l'avouer mais ils mènent une relance monétaire totalement et banalement keynésienne. Ils ont maintenu des taux d'intérêt nuls et déversé par hélicoptère des centaines de milliards d'euros sur l'économie européenne en priant pour que l'argent distribué dirige les consommateurs vers les magasins et les entreprises vers les investissements. Endettez-vous, c'est gratuit ! Ces décisions -ce QE, quantitative easing, dit-on pour faire le fortiche- ont eu un effet certain : elles ont relancé le crédit, soulagé la dette des Etats et fait baisser l'euro, d'un quart – on n'est plus très loin du un euro = un dollar. Sauf que le premier hic est que cette baisse de l'euro a amorti l'effet positif ++ de la baisse du prix du pétrole -on ne peut pas tout avoir, mais c'est ennuyeux. Le second hic, c'est que ce type de politique, c'est le dernier verre de l'alcoolique ; il vous en réclame toujours un autre après. Mario Draghi va remettre aujourd'hui une louche de liquidités dans le circuit, mais certains économistes commencent à douter que ce soit la meilleure solution.

Et ils proposent quoi ces économistes ?

D'éviter de reconstituer, avec tout cet argent qui circule, des bulles financières qui vont nous éclater à la figure. De ne pas pleurer tous les matins en regrettant le temps où il y avait de l'inflation. Si on exclut la baisse du prix du pétrole, les prix augmentent de plus de 1 % et, en France, les salaires de près de 2 %. Ils pensent qu'investir massivement, dans l'innovation (comme aux Etats-Unis) ou les politiques de qualification (comme en Allemagne) est tout aussi important. Bref, la plus belle politique monétaire du monde ne peut donner que ce qu'elle a.

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