Depuis deux semaines, Donald Trump entend exercer le pouvoir comme un chef d’entreprise.

C’est ce qu’il avait annoncé avant son entrée à la Maison-Blanche : je dirigerai les Etats-Unis comme je dirige mon empire immobilier, je prendrai des décisions rapidement, je créerai de l’incertitude pour bousculer les habitudes, je parviendrai à des deals, des accords, et j’aurai des résultats. Deux semaines plus tard, il a tenu parole sur son activisme. Mais pour le reste, la preuve est faite que l’on ne dirige pas un pays comme on est le patron d’une entreprise. Les événements confirment quatre différences radicales entre les deux métiers, président et patron. La première est qu’une entreprise n’a pas d’amis, elle a des concurrents. Elle n’a pas à nouer d’alliances. Un pays, lui, a besoin d’amis. Donald Trump veut jouer le rapport de forces économique, politique ou commercial avec la quasi-totalité du bloc dit occidental, il s’en prend à l’Australie, à l’Allemagne, au Japon, sans oublier la Corée, le Mexique, en attendant la Chine. Où sont ses amis, en dehors de Moscou et Londres ? On ne sait pas.

Deuxième différence : dans le monde des entreprises, il y a des perdants et des gagnants.

On gagne un contrat ou on le perd, c’est simple. C’est comme cela que Trump voit le monde. Pourtant, dans la vie internationale, c’est différent : l’objectif est qu’il y ait des jeux à somme nulle, que tout le monde gagne un peu. La simplicité de la vision de la Maison-Blanche laisse pantois. Illustration la plus patente : il a envie de faire éclater la zone euro parce que Mercedes vend, selon lui, trop de voitures aux Etats-Unis grâce à l’euro faible, alors que les Américains devraient acheter des Chevrolet ! Troisième différence. Une entreprise cherche à satisfaire ses clients. Les clients de Donald Trump sont ses électeurs. Mais la politique d’un pays ne peut avoir pour seul objectif de satisfaire ses électeurs. Dernière différence. Une entreprise qui se « plante » fait faillite et disparaît. Un Etat qui fait les mauvais choix le paie longtemps. Au total, des nouveaux équilibres commerciaux sont possibles et peut-être souhaitables. Mais la mégalomanie d’un président américain trop sûr de lui est dangereuse. Une blague qui court à nouveau aux Etats-Unis : quelle est la différence entre Dieu et Trump ? C’est que Dieu ne se prend pas pour Trump.

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