La Chine est au cœur d’une course entre démondialisation (la fermeture actuelle) et mondialisation (la recherche collective d'un traitement). Pour elle, l'enjeu est presque vital.

Des voyageurs arrivent à l'aéroport de Los Angeles le 2 février 2020
Des voyageurs arrivent à l'aéroport de Los Angeles le 2 février 2020 © AFP / DAVID MCNEW

Nous vivons un moment très particulier : la Chine, le pays par excellence de la mondialisation, le pays qui a changé l’économie mondiale avec ses 1,4 milliards d’habitants, la Chine vit une démondialisation de fait, brutale, la première de son histoire récente. 

Des frontières terrestres sont fermées, des pays bloquent les Chinois, les voyages à l’étranger des Chinois sont limités ou interdits, des villes sont mises sous cloche, bref le pays est en quarantaine et vit au ralenti. Il craint pour son économie, à tel point que sa banque centrale va injecter 156 milliards d’euros aujourd’hui pour éviter un collapse - ce qui fait plonger la bourse de Shanghai de 9% en ce moment. 

Si des usines sont arrêtées, et elles le sont, cela concernera le monde entier, qui s’approvisionne là-bas. 

On le sait, en 2003, au moment du SRAS, la Chine n’était pas aussi centrale. Voilà pour cette sorte de démondialisation dont on peut supposer qu’elle sera temporaire mais qui est radicale. 

Mais voilà aussi, la course est engagée avec cette fois une mondialisation : celle de la réponse collective au virus. 

C’est la 1ère fois qu’elle se met en place aussi vite. Les Chinois ont séquencé efficacement le génome du coronavirus, l’ont mis en accès libre pour tous les chercheurs et les laboratoires travaillent. Hier, la Thaïlande annonçait qu’un mix d’antiviraux semblait donner des résultats, mais il faudra des mois pour avoir un médicament. 

Les instances politiques comme celle du G7 se réunissent. On le voit : le multilatéralisme est une réponse

Au-delà, qu’est-ce que cette crise dit de la mondialisation ? 

Ce coronavirus n’est pas le produit de la mondialisation et sa diffusion au-delà de la Chine - limitée pour l’instant- se serait produite même sans la mondialisation de ces trente dernières années. La grande peste d’Athènes en 430 avant JC est due à l’arrivée des Perses. 

Les Européens qui ont débarqué en Amérique y ont apporté la variole et la rougeole, et ils ont gagné en retour la syphilis et le typhus. La grippe espagnole s’est répandue bien avant l’avion. 

En revanche, ce qui est vrai, c’est que ce virus est concomitant avec un mouvement de relèvement des frontières : le Brexit, l’attitude de Donald Trump, des entreprises qui réduisent la longueur de leurs chaînes d’approvisionnement, une régionalisation des échanges. 

Au total, cette crise sera peut-être au final anecdotique, mais les peurs mondiales, économiques ou sanitaires, appellent des réponses mondiales -et fermes. Cette mondialisation-là est non négociable.

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