Il est difficile de résumer d’une phrase une réalité forcément complexe, mais on peut essayer : en 2011, l’économie mondiale ira plutôt bien, mais les problèmes de fond resteront entiers.

Pour le dire autrement, si la récession est vraiment derrière nous, des crises rodent toujours. Sur la situation économique elle-même, et n’en déplaise aux Français qui sont champions du monde du pessimisme, 2010 a plutôt constitué une bonne surprise et tous ceux qui prévoyaient le pire se sont trompés. Y compris pour la France, notons-le. Aujourd’hui et s’agissant de 2011, il y a toujours des chevaliers de l’Apocalypse qui prédisent que l’immobilier va faire rechuter l’économie américaine. Mais le consensus est plutôt que la croissance mondiale va se poursuivre. Cela étant, en 2011 comme en 2010, cette croissance sera d’ampleur inégale, avec des économies développées qui avanceront faiblement (environ 2%) et des pays émergents qui trotteront ou galoperont trois fois plus vite. « Une reprise toujours à deux vitesses », c’est d’ailleurs le titre d’un texte de l’économiste en chef du FMI publié le 30 décembre (c’est tout frais).

Et, donc, avec des problèmes de fond qui ne sont pas vraiment réglés ?

Oui, mais l’on n’est pas obligé d’analyser cela uniquement sous l’angle de l’indignation proposée par le petit livre à succès de Stéphane Hessel. Deux ans après une crise majeure, c’est sans doute décevant mais il est normal que tout ne soit pas remis debout ; comme il est logique que l’accouchement d’un nouvel équilibre du monde soit forcément douloureux. Toujours est-il qu’effectivement –pour résumer à gros traits-, les déséquilibres dominent toujours. Les pays du Nord consomment trop (consommation privée ou publique) mais n’épargnent pas assez et n’investissent pas assez ; ils sont sur-endettés. Les pays émergents devraient consommer plus et compter davantage sur leurs propres forces. Du coup, avec ce paysage, en 2011, il est inévitable que les tensions restent fortes. Entre la zone euro et les marchés ; sur les prix des matières premières comme le pétrole parce la demande va les pousser à la hausse ; entre la Chine et le reste du monde (notamment les Etats-Unis) ; dans certains pays émergents où la surchauffe menace.

Quand même des bonnes nouvelles à attendre en 2011 ?

La poursuite de la croissance mondiale est une bonne nouvelle : un peu plus de 4% attendus cette année, l’Afrique en profitant aussi, avec + 5% selon le FMI. Ce qui explique notre angoisse à nous est que, toujours selon le FMI, dès 2013, la production des pays du Sud (au sens large) dépassera celle de ceux du Nord (en parité de pouvoir d’achat). Bonne nouvelle pour eux ! En Europe, la bonne nouvelle est qu’Angela Merkel a, dans ses vœux aux Allemands de vendredi, livré un vrai plaidoyer en faveur de l’euro.

Dernier point : votre exercice de prévisions ne sera crédible que si vous nous dites si vous vous étiez trompé l’an dernier ! J’étais un peu trop pessimiste sur la croissance, un peu trop optimiste sur les balbutiements de la gouvernance mondiale, mais le 4 janvier 2010, je formais le vœu (avant les tempêtes monétaires) que l’Europe se ressaisisse pour ne pas sortir de l’histoire. En 2011, je n’ai qu’à faire un copier-coller.

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